L’Isle-Adam : Le coffre contenait le corps du bébé

Une mère de famille comparaît à partir de ce vendredi matin devant la cour d’assises du Val-d’Oise pour privation de soins ayant entraîné le décès de son nourrisson.

Elle avait accouché dans sa caravane du camping de L’Isle-Adam, avant de placer le bébé dans un sac plastique. Une mère de famille âgée aujourd’hui de 36 ans doit répondre à partir de ce vendredi matin de « privation de soins ou d’aliment suivie de mort d’un mineur de 15 ans », devant la cour d’assises du Val-d’Oise. L’enquête avait écarté l’infanticide, la mère n’ayant peut-être pas réalisé que l’enfant était vivant.

Les faits remontent à l’hiver 2012, lorsqu’une équipe du Samu intervient au camping des Trois-Sources, à L’Isle-Adam. En cette fin d’après-midi du 3 février, les secours prennent en charge la femme, qui les avait appelés pour des saignements. Elle est conduite rapidement à la clinique Conti, située juste en face, où ses explications instillent le doute. Elle évoque une fausse couche que les premiers examens écartent très vite. Manifestement, elle vient d’accoucher d’un enfant qu’il s’agit de retrouver.

C’est dans ce contexte que les services de police sont alertés et fouillent dans un premier temps la caravane du couple, qui vit dans des conditions précaires toute l’année dans le camping. Puis, ils vérifient la voiture. C’est ainsi qu’ils découvriront, dans le coffre, le sac en plastique noué contenant le corps sans vie du bébé. Il pèse 4 kg.

Mère de trois autres enfants

La mère de famille, après avoir été hospitalisée, avait été placée en garde à vue, tout comme son mari. L’enquête étant alors confiée à la brigade des mineurs de la sûreté départementale du Val-d’Oise. Selon le médecin légiste, comme le rapportait à l’époque la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, l’enfant était à terme et vivant lorsqu’il est né. Mais il n’était pas établi selon lui que la mère s’en soit rendu compte à cet instant. Le cordon ombilical qui était enroulé autour du cou de l’enfant ayant pu faire croire à sa mère qu’il était mort à la naissance et l’induire en erreur. L’enquête a ainsi écarté l’hypothèse de l’infanticide, tout comme celle d’un éventuel déni de grossesse, la mère ayant reconnu s’être rendue compte qu’elle était enceinte un mois auparavant.

Mère de trois enfants aujourd’hui âgés de 7 à 14 ans, travaillant à l’époque à temps partiel dans un supermarché, elle avait été mise en examen par le juge d’instruction sans être incarcérée. Le parquet n’avait pas requis de mandat de dépôt à son encontre.

« Elle explique depuis le début que, selon elle, le bébé n’a jamais été vivant », confie son avocat, Me Stéphane Lombard, ce jeudi à la veille de l’audience à Pontoise. « Elle garde aujourd’hui des enfants à domicile et cela se passe très bien », ajoute-t-il. Le mari avait été rapidement mis hors de cause et remis en liberté à l’issue de sa garde à vue. A l’époque des faits, cet ancien couvreur, invalide, ne travaillait pas. Le procès, pendant lequel l’examen de la personnalité de l’accusée sera décisif, doit s’achever mardi.

Avec LP

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