Metz : Accusé d’agression sur mineur, le sexagénaire nie les faits et reste libre

Après la mise en examen d’un sexagénaire soupçonné d’avoir agressé sexuellement des enfants, à Pange, la grand-mère d’une petite victime dit sa colère et son incompréhension. L’auteur présumé des faits est son beau-père.

C’est après un passage en brigade, mardi dernier, que l’enfant a livré quelques éléments. « Les gendarmes lui avaient offert une petite figurine en porte-clés, un gendarme lui précisant qu’elle pouvait lui confier tous ses secrets. Le soir à la maison, vers 20h, elle a mimé les gestes d’une fellation à sa mère après l’avoir fait au “gendarme porte-clés ”. Ça ne s’invente pas, des trucs comme ça. » Durant l’enquête préliminaire, l’homme, dénoncé par un enfant de cinq ans le 4 mai dernier, avait tenté de mettre fin à ses jours. Sa belle-fille est allée à son chevet, à l’hôpital : « Je ne voulais pas de détails, juste qu’il me dise s’il avait touché ma petite-fille. Il a juste répondu qu’il est très malade, qu’il ne va pas bien. Aujourd’hui, je crains que la petite ait eu droit au pire. Pour l’instant, elle est bloquée, elle ne parle plus. ».

Le neveu de neuf ans dit, lui, avoir eu droit au triste spectacle d’un adulte qui se serait masturbé devant lui, dans ce bureau où le sexagénaire permettait aux enfants en visite de jouer aux jeux vidéo.

« Mon client n’a pas été écroué donc… »

Me  Wa Lwenga Blaise Eca est en charge de la défense des intérêts de l’agresseur présumé de Pange. Il tient d’emblée à regarder le dossier en l’état : « Nous avons pour l’instant les dépositions d’un seul enfant. Les faits décrits se seraient déroulés dans une pièce où se trouvait mon client, le gamin et sa sœur. Et la petite ne confirme pas les allégations. Voilà où nous en sommes. » L’avocat strasbourgeois revient également sur le contexte qui a conduit son client à être délogé, vendredi, du petit village. « Il faut noter que s’il a été mis en examen, il n’a pas, dans la première ordonnance du contrôle judiciaire, été éloigné de son domicile. Mais il se trouve que la maman du garçonnet a fait une pétition, préparé une marche blanche et c’est sur ce rapport que le juge a modifié la première ordonnance. La justice n’a fait qu’anticiper un possible trouble à l’ordre public. »

Quid des poursuites dont fait l’objet son client ? « Je vous répète que les allégations de l’enfant n’ont pas été confirmées par sa sœur. Mon client ne reconnaît pas les faits et, malgré ce qui se dit sur son passé judiciaire, j’ai constaté que son casier est vierge. Il n’a pas non plus été écroué. »

L’ex-habitant de Pange, après son hospitalisation, avait trouvé refuge chez son beau-frère. « Je ne comprends par la mobilisation de la population du village. Mon client avait anticipé toutes ces réactions, prévisibles, en quittant Pange. Vous imaginez bien qu’il n’allait pas attendre de se faire lyncher. Tout ça le perturbe beaucoup. Il m’a tout de suite confié qu’il voulait faire cesser la situation de façon radicale. Il ne comprend pas. »

La grand-mère s’interroge, elle, sur les raisons qui auraient conduit sa petite-fille à mimer des gestes et décrire des scènes qu’elle ne connaît pas, en désignant un monsieur « sympathique, toujours prêt à rendre service, que les petits avaient baptisé papou ».

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire