Justice : « Martyre de l’A10 » disparue en 1987 : les parents placés en garde à vue, l’enquête résolue 31 ans après les faits ?

AFP/Archives / ALAIN JOCARD

Rebondissement dans l’affaire de la petite fille découverte morte en bordure de l’autoroute A10, dans le Loir-et-Cher, en août 1987. Ses parents viennent d’être identifiés et arrêtés.

31 ans après, rebondissement dans l’affaire de la petite martyre de l’A10 révèle Europe 1.

En 2012, la justice avait lancé un nouvel appel à témoins.

Puis l’affaire avait été relancée en 2017 après un prélèvement d’ADN dans une autre affaire qui a permis d’identifier les parents.

Les enquêteurs les ont interpellés mardi en région parisienne.

L’énigme de la découverte du corps martyrisé d’une fillette dans un fossé de l’autoroute A10 près de Blois en août 1987 est en passe d’être résolue avec l’identification et le placement en garde à vue de ses parents mardi dernier.

La fillette jusqu’ici inconnue avait été surnommée « la petite martyre de l’A10 »: son cadavre mutilé portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, sans doute d’une femme, selon les médecins légistes.

Le juge d’instruction de Blois, chargé à l’époque du dossier, avait estimé qu’il s’agissait « pratiquement d’un cas d’anthropophagie avec prélèvement de chair ».

Les enquêteurs sont remontés jusqu’aux parents, jusqu’ici inconnus, de la fillette grâce à un prélèvement ADN opéré sur son frère qui avait été arrêté dans le cadre d’une toute autre affaire, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Blois.

Après comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), une correspondance a été révélée avec des traces ADN sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l’enfant lors de sa découverte le 11 août 1987 dans un fossé de l’autoroute à Suèvres (Loir-et-Cher) par deux employés de la société Cofiroute.

Grâce à l’ADN du frère, les enquêteurs ont pu ainsi identifier et retrouver la trace des parents, un couple de sexagénaires, originaires du Maroc, selon la Nouvelle République. Les enquêteurs ont recoupé les données de la caisse d’allocations familiales pour déterminer qu’un enfant du couple n’était plus recensé.

Les parents ont été placés mardi dernier en garde à vue à Orléans pour meurtre, recel de cadavre, violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Ils devaient être présentés jeudi matin à un juge d’instruction à Blois en vue de leur mise en examen.

Le procureur de la république de Blois Frédéric Chevallier donnera une conférence de presse dans l’après-midi.

A l’époque de la découverte de la « petite martyre de l’A10 », la gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France.

Près de 65.000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6.000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à la jeune victime.

Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics : Elle mesurait 0,95 mètre, avait les cheveux bruns bouclés et les yeux marron foncé.

Une ordonnance de non-lieu avait été rendue en octobre 1997, après des recherches infructueuses, laissant cette affaire non résolue.

Le procureur de l’époque Etienne Daures disait pourtant avoir « bon espoir de pouvoir donner un nom » à cette fillette, enterrée anonymement au cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher) proche des lieux de la découverte du corps.

La tombe de la fillette était régulièrement fleurie par les habitants de la commune où elle repose. Sur le monument funéraire est gravée une simple inscription: « Ici repose un ange ».

Avec AFP

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