Alexia Daval : des draps du couple au cœur de l’enquête

Des morceaux de tissu qui proviendraient du domicile de la victime auraient été retrouvés près de son corps en partie carbonisé et dénudé.

C’est un élément qualifié de « majeur » dans l’enquête sur le meurtre d’Alexia Daval, 29 ans, cette joggeuse dont le corps avait été retrouvé dans le bois d’Esmoulins, le 30 octobre 2017, situé près de la commune de Gray (Haute-Saône) où elle était domiciliée. Selon son mari, qui a été placé en garde à vue lundi 29 janvier, elle était partie courir le samedi 28 octobre vers 9 h 30 et n’était jamais revenue. C’est lui qui avait alerté les gendarmes vers 12 h 30. Mais aucun témoin ne l’a vue faire son jogging ce jour-là.

Selon nos informations, les gendarmes de la section de recherches (SR) de Besançon, en charge des investigations, sont parvenus à retrouver des morceaux de tissu sur les lieux de la découverte de la dépouille de la victime, qui a été étranglée. Les enquêteurs auraient établi que ces morceaux de tissus proviendraient de draps appartenant au couple Daval.

Draps manquants

Des vérifications à leur domicile auraient déjà été effectuées par les gendarmes au cours des premières semaines d’enquête. Elles auraient permis d’établir que ces draps étaient manquants. « Au cours de sa garde à vue, la question de savoir comment ces draps ont pu se retrouver sur les lieux de la découverte du corps de sa femme va lui être posée, confie une source proche de l’affaire. C’est un élément sur lequel il va devoir s’expliquer. »

Jonathan Daval, 34 ans, a toujours nié en bloc son implication dans le meurtre de sa compagne. Une position qu’il a encore soutenue aux premières heures de sa garde à vue. Comme l’a révélé Le Point ce lundi 29 janvier, un témoignage, considéré comme déterminant par les enquêteurs de la section de recherches (SR) de Besançon, aurait permis d’apprendre qu’une voiture, mise à la disposition de Jonathan Daval par son employeur, a été utilisée vers 1 h 30 du matin dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017. Or, c’est dans la matinée du samedi 28 octobre que le mari avait signalé la disparition de son épouse.

Une voiture qui « roule sur une plaque métallique »

C’est un voisin du couple, interrogé par les militaires, qui a confié avoir entendu « une voiture rouler sur une plaque métallique » et quittant le domicile des époux Daval. L’homme est assez précis sur l’horaire car il aurait regardé son réveil au même moment. Les constatations des gendarmes auraient permis d’établir la présence d’une plaque métallique devant l’entrée du domicile du couple. Jonathan Daval avait assuré être rentré avec son épouse d’un repas chez ses beaux-parents, le 27 octobre au soir, puis n’avoir plus quitté son domicile. Ce témoignage vient donc mettre à mal cette version des faits.

La véhicule, propriété de l’employeur du mari aujourd’hui suspecté, a été saisi par les spécialistes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basé à Pontoise dans le Val-d’Oise, avant d’y être décortiqué. L’exploitation « d’éléments électroniques » contenus dans cette voiture aurait confirmé qu’elle aurait bien été utilisée dans la nuit du 27 au 28 octobre, vers 1 h 30 du matin. Par ailleurs, des empreintes de pneus auraient également été découvertes à proximité du lieu où le corps de la joggeuse, en partie dénudé et calciné, avait été découvert, le 30 octobre. Des moulages de ces traces ont été réalisés puis comparés avec les pneus du véhicule professionnel de Jonathann Daval. Des similitudes auraient été relevées.

L’une des hypothèses avancées comme mobile au meurtre d’Alexia Daval, qui a succombé après avoir été étranglée, est celle d’une « dispute conjugale » qui aurait dégénéré. « Le couple, qui avait des difficultés à avoir un enfant, connaissait en effet de vives tensions », ont indiqué plusieurs sources concordantes. D’autres sources ont également évoqué une « relation dominant-dominé » entre la victime et son conjoint. Lors de sa première audition, en tant que simple témoin, Jonathann Daval avait d’ailleurs évoqué une dispute avec sa compagne la veille de sa disparition. Cette altercation expliquait, selon lui, les marques de griffures, voire de morsures visibles sur ses mains.

Source le point

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