Affaire Fiona : Rien ne vas plus entre Cécile Bourgeon et Berkhane Makhlouf

Au procès en appel du meurtre de la petite fille de 5 ans, qui s’est ouvert lundi, Cécile Bourgeon et Berkhane Makhlouf se sont rejeté la faute de sa mort.

Même allure empesée, même teint verdâtre, même débit ralenti pour lui. Visage blafard mangé par ses longs cheveux blonds, corps alourdi par la trentaine de kilos gagnés en détention, elle aussi semble gavée aux médicaments. Ils n’ont guère changé, leur ligne de défense non plus : après un procès en appel avorté en octobre dernier à l’issue d’un clash entre avocats, Cécile Bourgeon, 30 ans, et Berkane Makhlouf, 36 ans, ont sans surprise réitéré leurs dénégations à l’ouverture de leur procès — le troisième dans cette affaire — devant la cour d’assises de la Haute-Loire, lundi.

La mère de Fiona et son ex-compagnon nient les violences qui, selon l’accusation, ont conduit à la mort de la fillette, alors âgée de 5 ans, en mai 2013 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Un décès que le couple de toxicomanes a d’abord maquillé en disparition, avant d’avouer, quatre mois plus tard, avoir retrouvé Fiona étouffée dans son vomi, et l’avoir enterrée à la va-vite. Mais le petit corps n’a jamais été retrouvé, laissant planer le doute sur les causes de sa mort… et l’issue du procès. Berkane Makhlouf ne le sait que trop bien, lui qui a été condamné à vingt ans de réclusion en première instance quand son ex-compagne a été épargnée, écopant de cinq ans pour des délits connexes. « J’aimais Fiona de tout mon cœur, je serais incapable de lui faire du mal », plaide-t-il, espérant cette fois « ne pas subir une injustice ». « J’ai essayé de la ranimer ! » bondit-il plus tard, interrompant plusieurs fois le président pendant son exposé des faits.

Un pacte de silence brisé

Indifférente ou abrutie par les médicaments, Cécile Bourgeon, elle, dort sur son banc… Avant de sortir brusquement de sa torpeur : « Jamais de ma vie je n’ai frappé mes enfants ! » lance-t-elle d’un ton clair et assuré. « J’ai été suivie et avant d’être avec monsieur on me félicitait à chaque fois : mes filles étaient adorables, polies, sociables. Personne, appuie-t-elle, incisive, personne ne m’a jamais vue les frapper. Je le maintiens, je n’ai pas porté de coups mortels. » Une version qui avait convaincu la première cour d’assises au détriment de Berkane Makhlouf, qui évoque un pacte de silence, finalement brisé par Cécile Bourgeon en garde à vue. « Elle m’avait dit Je ne parlerai pas. Je ne sais pas pourquoi elle a dit que j’avais porté un coup… Mais ce n’est pas parce qu’elle a parlé la première qu’elle a raison ! » s’accroche-t-il. Tous deux encourent trente ans de prison. Verdict le 9 février.

Source : Le Parisien 

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