ADIKIA : Une voix pour les personnes accusées à tort de maltraitrances

Cela fait deux ans et demi que plus d’une centaine de parents accusés à tort de maltraitance sur leurs bébés se sont réunis sur Facebook, conduisant à la création de notre association le 1er septembre 2017 et à l’ouverture de notre site ce jour !

Tout a commencé en avril 2015. Virginie Skibinski emmène aux urgences pédiatriques son fils Hugo de deux mois et demi qui présente des vomissements. Les médecins décèlent alors des hémorragies dans le crâne et dans la rétine, les symptômes du « syndrome du bébé secoué » qui surviennent généralement lorsqu’un enfant est violemment secoué par un adulte. Les médecins font donc un signalement pour maltraitance et les parents d’Hugo perdent immédiatement la garde de leur bébé. Au bout d’un mois, ils sont enfin innocentés suite aux bons rapports des services sociaux. Le juge des enfants prononce un non-lieu et Hugo retourne donc définitivement chez lui, tandis que la procédure pénale continue.

Comme le montrent plusieurs médecins, Hugo souffre en fait comme sa mère d’un trouble génétique rare de la coagulation, l’hypofibrinogénémie, qui peut provoquer des saignements spontanés. Cependant, les expertises judiciaires ultérieures, réalisées par des médecins habitués à la maltraitance mais pas aux maladies rares, confirment formellement le diagnostic de secouements. Virginie est donc mise en examen pour des violences sur son propre enfant qui vit pourtant avec elle depuis la mainlevée du placement. Ce n’est qu’en octobre 2017 que le procureur requiert un non-lieu au vu de l’incohérence de ces expertises qui ne prennent pas en compte la maladie génétique.

Virginie a créé un groupe Facebook pour raconter son histoire. De nombreux parents parmi nous ont alors découvert avec surprise qu’ils n’étaient pas les seuls à vivre exactement la même situation. Il est rare que les expertises concluent à l’erreur diagnostique et que les parents soient ainsi innocentés. Dans la plupart des cas, et de manière inexplicable, les quelques médecins experts régulièrement mandatés dans ces situations confirment formellement et systématiquement la maltraitance, même en présence de causes médicales évidentes comme des maladies génétiques. Nous sommes donc poursuivis pénalement et nous encourons des peines de prison sur la seule base de ces rapports médicaux à charge.

Nous nous sommes réunis en association pour tenter d’avoir plus de poids face à la justice et aux médecins. Notre site Internet vise à diffuser nos témoignages et à apporter conseils et informations scientifiques à toutes les autres personnes accusées à tort de maltraitance suite à des erreurs de diagnostic.

 

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