Nanterre : Il menait depuis 20 ans une petit vie tranquille après un viol

Maçon puis gardien d’une propriété de l’homme d’affaires Jacky Lorenzetti, Antonio F. est passé inaperçu pendant vingt ans… alors qu’il était recherché après une condamnation pour viol.

Il vivait paisiblement. La vie de couple tranquille d’un homme marié depuis 27 ans et père de deux enfants, employé depuis une bonne dizaine d’années comme gardien d’une propriété de l’homme d’affaires Jacky Lorenzetti, en Sologne.

Et pourtant, Antonio F. faisait l’objet d’un mandat d’arrêt… depuis vingt ans ! Car cet homme de 53 ans, accusé d’un viol commis le 7 juin 1997 dans le bois de Boulogne, a été condamné par contumace (NDLR : en son absence), en 1999, à quinze ans de réclusion.

Des lustres plus tard, le voilà devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, qui le juge, pour les mêmes faits, ce jeudi et jusqu’à vendredi.

Le visage rond, un peu bedonnant, Antonio a l’air de Monsieur Tout le monde. Entre son allure et sa vie sans histoires, il passe inaperçu depuis 2004, année de son retour en France après qu’il avait quitté le pays. L’accusé se défend d’avoir pris la fuite pour échapper aux poursuites pour viol. Mais la chronologie laisse douter.

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1997, celui qui est alors maçon conduit sa golf pour « aller acheter des cigarettes ». « Au feu rouge, j’ai vu cette personne. Elle m’a dit qu’elle devait aller voir ses amis juste à côté, je l’ai emmenée. Elle est revenue dans ma voiture et on est parti faire la chose qu’elle m’a fait comprendre », raconte-t-il à la barre. « La chose ? » l’interroge la présidente. « Oui… le rapport sexuel », marmonne l’accusé, affirmant qu’il n’a fait que céder aux avances d’une toute jeune femme.

« On est partis en vacances »

A la barre, la partie civile a livré un tout autre récit. « Je l’ai croisé, il m’a arrêtée, je croyais qu’il cherchait son chemin. Il m’a proposé de me raccompagner. J’ai d’abord dit non puis oui. Puis il m’a proposé d’aller boire un verre à Paris. J’ai dit oui. On a roulé dix ou quinze minutes mais je ne voyais pas Paris. Il s’est arrêté dans un bois, je suis descendue de la voiture pour partir. Il m’a rattrapée, empoignée et plaquée. » La suite de la scène que décrit cette femme fluette est clairement un viol. Le lendemain, elle dépose plainte.

Antonio est arrêté dès juin 1997, et mis en examen sans être incarcéré. Dès lors, il ne répond plus aux convocations. Entre-temps, il a regagné le Portugal, son pays natal. « On est partis en vacances, tente de se justifier l’intéressé. C’est parce qu’avec ma femme, on avait peur. Cette personne venait dans notre escalier avec ses amis. »

Sauf que les vacances se sont quelque peu éternisées… Cinq ans plus tard, Antonio est réapparu dans les Hauts-de-Seine, où il a retrouvé son job de maçon. Puis il est reparti, pour regagner enfin la France en 2004. Incognito. Depuis, il est au service de Jacky Lorenzetti, comme gardien d’une chasse au sud d’Orléans. Antonio y menait une vie simple. Sans qu’aucune brigade de police ou de gendarmerie ne vienne le chercher. Jusqu’à ce que le mandat d’arrêt oublié refasse surface, il y a deux ans. Dans des circonstances que l’audience n’a pas abordées ce jeudi.

D’après le Parisien

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