Procès Fiona : Les absents ont toujours tort ? Cécile Bourgeon absente, son ex-compagnon en profite

Depuis vendredi, Cécile Bourgeon a décidé de boycotter l'audience. (illustration)AFP/ THIERRY ZOCCOLAN

Cécile Bourgeon était absent vendredi à l’audience de la Cour d’Assises. Hier, la défense avait déposé une demande de renvoi de procès à l’issue que le président de la Cour aurait participé à un apéritif dont certaines parties civiles aurait été présente lors de cette soirée dinatoire.Le renvoi a été refusé, et le procès peut continuer désormais.

Au-devant de la scène ce vendredi et en l’absence de Cécile Bourgeon, son ex-compagnon Berkane Makhlouf en a profité pour charger Cécile Bourgeon. Il indique qu’elle était capable de tout, et que c’est de sa faute, pas de la sienne. Alors esprit de vengeance, ou bien tactique demandée par son avocat pour abattre certaines cartes avant le retour en audience de Cécile Bourgeon.

« Elle me charge et maintenant elle se défile, c’est un peu facile. » Seul dans le box depuis que sa coaccusée a décidé, vendredi, de boycotter l’audience, Berkane Makhlouf lui aussi commence à trouver que la plaisanterie n’a que trop duré.

Tout en maintenant sa version de toujours — « elle lui a mis deux coups de pied et deux claques » —, Berkane Makhlouf, 36 ans, insinue désormais qu’elle aurait pu mettre « d’autres coups » ce jour-là à la fillette, morte à 5 ans en mai 2013 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), sans qu’il ne les voie. « Elle était en furie, elle hurlait, détaille-t-il. C’est une impulsive […]. Vu comment elle ment, elle est capable de tout. » Y compris de le manipuler lui, après avoir manipulé la France entière, en prétendant que sa fille avait disparu dans un parc ?


Lundi c’était l’audition des officiers de Police ayant participé à l’enquête et voilà leurs doutes selon eux :

« A-t-elle parlé en premier pour pouvoir mieux accabler Makhlouf ? s’interroge ainsi Christophe Molmy, alors patron de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). C’est possible. »

« Fiona est morte et ils se sont débarrassés du corps. » Mais est-elle vraiment décédée dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 mai ? Le vendredi 10, le couple va en effet chercher un certificat médical de complaisance, sans Fiona. Un mal qu’ils ne se sont jamais donné, alors même que la fillette cumule 48 demi-journées d’absence le mois précédant sa mort… Et ce gros sac-poubelle que Makhlouf porte sur son dos et jette dans un conteneur le dimanche après-midi ? Il ne sera jamais retrouvé. « On a des regrets », avoue un autre enquêteur, qui pense que le couple, se sachant suspecté, a pu le déplacer avant les fouilles de la police. Contenait-il le petit cadavre ?

« On ne saura vraisemblablement jamais », regrette Christophe Molmy, dont l’autre conviction tient en quelques mots : « Cécile Bourgeon n’a pas tout dit. »

L’affaire Fiona risque donc de renfermer bien des mystères.

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