Vaucluse : 20 ans de prison pour avoir frappé et tué un enfant de 4 ans

Me De Palma a obtenu la relaxe de Jessica, la maman d'Idriss décédé des coups portés par son oncle. La Cour a entendu Me Cuilleret et Me Gontard en acquittant Alicia des faits de violence. PHOTO JÉRÔME REY

La tante de l’enfant est condamnée à 3 ans pour ne pas avoir alerté les secours. La mère qui leur avait confié son enfant est relaxée

Au terme de quatre jours de débats intenses et douloureux, l’heure était aux plaidoiries, hier, devant la Cour d’assises de Vaucluse présidée par Florence Tréguier. Depuis mardi, Michel Bouzar, 51 ans, et son ex-compagne Alicia Latorre, 29 ans, se défendent d’avoir commis, en janvier 2016, les violences ayant, sans intention de la donner, entraîné la mort de leur neveu Idriss, âgé de près de 4 ans.

Un enfant confié à leur garde le 12 janvier par Jessica Latorre, 28 ans, la mère de l’enfant accusée de « non-dénonciation de mauvais traitement » et « non assistance à personne en danger ».

« Les accusés n’ont pas livré la vérité »

Partie civile pour le compte de l’association « La Voix de l’enfant », Me Rodet évoque le fléau des maltraitances avec chaque année 19 000 victimes avérées et une estimation faisant état de 40 à 50 000 enfants maltraités dans notre pays et près de 80 000 en situation de risque ! « Il y a nécessité de protéger les enfants à tout prix » plaide l’avocate avant que Me Eydoux ne porte la parole du père d’Idriss, un homme qui vient « sans haine mais avec sa souffrance chercher la vérité« … une vérité « qui n’est pas venue des accusés alors qu’il s’est nécessairement passé quelque chose« . Me Fortunet, dans les intérêts du frère d’Idriss, parle d’un « dossier monstrueux » avant d’évoquer le lourd traumatisme subi par cet enfant alors âgé de 6 ans, qui a assisté, sans pouvoir l’aider, aux maltraitances infligées pendant trois jours à son petit frère.

Dans ce terrible huis clos le rôle de Michel Bouzar est « majeur » pour l’avocate générale Clerc qui réclame une peine de 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre de cet homme déjà condamné pour des faits d’agression sexuelle et de viol et qui se trouve sous le coup d’une récidive légale. L’accusation estime qu’Alicia Latorre n’a pas frappé l’enfant mais qu’elle s’est « abstenue de lui venir en aide alors qu’elle avait pleinement conscience de la situation de danger« .

Il est demandé une peine de 4 ans pour sanctionner son comportement fautif. Un comportement reproché également à sa soeur Jessica qui, au courant de l’état de santé de son fils, a procrastiné, préférant faire autre chose que de se porter au secours d’Idriss. Il est demandé une peine de deux ans de prison avec sursis.

La défense plaide la vulnérabilité et la fragilité des accusés

Une déclaration de culpabilité inacceptable pour Me Guillaume De Palma qui ne relève aucun élément dans le dossier permettant d’établir que Jessica Latorre a eu conscience du péril : « je vous demande de laver l’honneur de cette mère en la relaxant » conclut l’avocat. Me Isabelle Cuilleret et Me Paul Roger Gontard plaident longuement la personnalité d’Alicia Latorre pour établir qu’elle ne pouvait, en raison de sa vulnérabilité, réagir face à ce qu’elle a pu percevoir de la réalité de la terrible situation dans laquelle se trouvait son neveu.

Jessica Latorre n’a pas répondu aux alertes qu’elle lui a toutefois adressées assure la défense qui plaide l’acquittement en raison de la sincérité qui était la sienne. Me Roland Marmillot porte la parole de Michel Bouzar, un homme qui est « dans la position de celui que tout accuse ». « Ce miséreux a été confronté à un enchaînement de maladresses et de rudoiement qui, sans qu’il en ait conscience, ont conduit à l’issue fatale« …

« Il a avoué pour autrui car il ne peut se résoudre à dénoncer la femme qu’il aime encore et qui est la mère de ses deux enfants » glisse l’avocat dans un exercice difficile. « Envisagez pour lui un temps d’espoir » conclut l’avocat, demandant ainsi aux jurés un peu de clémence pour cet homme qui au terme des débats a déclaré en pleurs : « en fin de compte je m’aperçois que j’ai pas compris, j’ai pas fait peut-être les gestes qu’il fallait, je sais pas, je sais rien« .

Après en avoir délibéré, la Cour d’assises a reconnu coupable Michel Bouzar des faits de violence et le condamne à la peine requise de 20 ans de réclusion criminelle. Alicia Latorre, acquittée pour les violences, est déclarée coupable de ne pas avoir dénoncé les mauvais traitements et de non-assistance à personne en danger.

La cour qui retient une altération du discernement lui inflige une peine de 3 ans de prison. Jessica Latorre est relaxée.

Source la Provence 

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