Metz : tellement « bon père » qu’elle ne voulait plus le voir

Fragiles, Sébastien et Laura ont bien du mal à être en couple. Quant à tenir leur rôle de parents, c’est encore plus difficile.

Sébastien, 24 ans, et Laura sont en couple, mais chacun de leur côté. Lui au foyer Fomal et elle au centre maternel Mozart. Ils sont aussi parents de deux enfants, un garçon de 2 ans placé dans une pouponnière à Laxou (54) et une fille de 7 mois toujours entre les mains de sa mère. C’est elle que le jeune père vient voir le 24 avril, avant de grimper dans les tours en apprenant que l’exercice de son droit de visite avait été considérablement modifié. Il peut toujours voir son bébé, mais désormais hors la présence de la mère. Une décision d’autant plus étrange et brutale pour le prévenu que le couple venait de passer l’après-midi à faire des courses ensemble.

Son avocate, Me Chloé Pigeot, comprend d’autant plus difficilement la réduction des droits de son client que Laura a, elle-même, bien du mal à l’expliquer. La jeune femme en est pourtant à l’origine. Lassée des colères de Sébastien à chacune de leurs rencontres, elle avait demandé au juge des enfants de modifier le cadre de ses visites au foyer. Seulement, elle n’avait jamais osé le dire à celui qu’elle qualifie paradoxalement de « gentil » et de « bon père ».

Elle avait surtout mésestimé la célérité avec laquelle le juge accéderait à sa requête. La décision est arrivée par courrier recommandé dans la journée des faits, pour une application immédiate. Manque de chance, le prévenu n’en avait pas été averti et pique une de ses rognes habituelles.

Calmé au Taser 

L’aiguille calée dans la zone rouge, il exige de voir son bébé et sa compagne. On le lui refuse évidemment, mais il passe outre en se rendant dans la chambre de la jeune femme, en détruisant son téléphone portable puis en semant la pagaille dans un bureau en explosant un téléphone fixe sur lequel le foyer appelait la police.

Un équipage est malgré tout arrivé pour le calmer. Les policiers sont parvenus à le menotter à une main, mais ont dû sortir le Taser® pour refermer la deuxième pince, l’amener à baisser le volume et à tarir ses propos violents.

« On peut comprendre la colère, mais ça ne justifie pas la suite », considère le parquet qui veut 8 mois avec sursis et mise à l’épreuve (SME) pendant 2 ans incluant une obligation de travailler, de traiter son problème d’alcool (qui explique en partie son humeur inconstante). Sébastien ne devra plus ni contacter celle qui dit désormais ne plus vouloir de lui, ni paraître au foyer Mozart.

Le tribunal suit les réquisitions en réduisant, comme le souhaitait la défense, le quantum d’emprisonnement. En revanche, il allonge la durée de mise à l’épreuve. Le prévenu écope finalement de 6 mois avec SME 3 ans.

Frédéric CLAUSSE vie LRL

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