ANGOULÊME: L’infirmière éduquait ses enfants à coup de ceinturon

De ses mains, elle cache son visage pour masquer ses pleurs. Une Angoumoisine de 40 ans comparaissait mercredi devant le tribunal correctionnel pour violence sur ses deux fils, âgés de 12 et 7 ans au moment des faits en fin d’année dernière. Elle a été condamnée à un mois de prison avec sursis pour des coups de ceinture, administrés sur les poignets, parfois sur les fesses.

Des coups qui pleuvaient pour un doigt d’honneur fait par le plus petit un jour dans la cour de récré. Pour un 4 en maths falsifié en 14 par le plus grand. «Des fois, c’est la ceinture noire; des fois, la marron. C’est la ceinture noire qui fait le plus mal», a raconté le cadet lors de son audition. «Il y avait un barème selon vos fils: 5 coups s’ils n’écoutaient pas, 10 s’ils avaient un mot dans leur carnet de correspondance», souligne Me Laure-Anne Lucas, pour les parties civiles.

Les coups, la mère ne les a d’abord pas reconnus devant la police quand le collège a fait un signalement en octobre 2017. Puis elle s’est ravisée et en a avoué quelques-uns.

À la question du président Vincent Raffray qui lui demande «pourquoi ces violences?», la prévenue dit s’être sentie dépassée. «J’ai repris mes études pour devenir infirmière en 2014, je ne pouvais pas gérer l’école et la famille. Quand j’ai eu mon diplôme, j’ai voulu me remettre à m’occuper de mes enfants. Je voulais en faire des hommes.» Elle raconte l’impossibilité de s’entendre avec son mari sur des principes éducatifs. «J’ai été élevée comme ça et ça a marché pour moi, mes frères et mes sœurs.»

«Comment peut-on imaginer qu’elle puisse vouloir faire du mal à ses enfants qu’elle a eu tant de mal à avoir? Elle était convaincue de bien faire, elle a été éduquée comme ça, elle a cheminé par elle-même pour changer», défend son avocat.

Le substitut du procureur a des mots plus durs: «Elle a découvert qu’être maman était probablement l’une des choses les plus difficiles au monde… Mais la violence vis-à-vis des enfants est inadmissible». Il a requis quatre mois avec sursis.

Le tribunal a dit un, plus un stage de responsabilité parentale et un euro symbolique à ses fils au titre du préjudice moral.

Avec CL 

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