Un animateur accusé de Pédophilie, le cri de colère d’une mère

 Sandra*, mère d’une des victimes présumées d’un animateur d’un centre de loisirs de Courbevoie (Hauts-de-Seine), estime que le suspect aurait pu être interpellé beaucoup plus tôt.

C’est une colère froide et déterminée qui anime Sandra*, guidée par une implacable certitude, celle que son fils « aurait dû être épargné ». Scolarisé à Courbevoie (Hauts-de-Seine), celui-ci fait partie de la longue liste des victimes présumées de l’animateur.

Mais ce qui fait bondir cette mère de famille, ce n’est pas tant que l’homme a été recruté – « il n’était pas écrit sur son front qu’il était pédophile » – mais bien sa réintégration, « comme si de rien n’était » en 2014, après deux alertes successives. « La première affaire remonte à 2012 ! Et l’on ne parle pas de choses fantaisistes : les récits des enfants étaient précis, les parents avaient été convoqués, et lui-même avait alors reconnu les faits », insiste Sandra, ulcérée qu’on ait « déplacé le problème au lieu de le régler, le baladant tranquillement d’école en école ».

Un « problème » qui était pourtant largement connu dans les écoles où intervenait Edouard de B., ont appris ces parents à la faveur de l’enquête. « Un tas de choses se sont passées au vu et au su de tout le monde, par exemple lorsqu’il disait à haute voix que les enfants voulaient lui « toucher le zizi ». Plusieurs de ses collègues ont alerté leur hiérarchie… Mais il ne s’est rien passé. »

« Il y a un coupable, mais il y a aussi des responsables »

Quant à la surveillance censée être mise en place à son retour de suspension, Sandra doute qu’elle ait jamais eu lieu. « Il ne devait plus se trouver seul avec les élèves, et pourtant il a continué à les accompagner aux toilettes, au conservatoire… Lui-même dit qu’il n’y a pas eu de suivi ! C’est tout simplement inacceptable », lâche-t-elle, révoltée qu’il ait pu continuer à exercer en toute impunité.

« Heureusement qu’un enfant a parlé et permis d’arrêter le massacre… » souffle-t-elle, évoquant le « conflit de loyauté » qui avait jusque-là « muselé » les autres victimes. « On pense d’ailleurs que plusieurs élèves n’ont pas osé parler », s’inquiète Sandra, pour qui les manquements, dans cette affaire, doivent également être poursuivis.

« Il y a un coupable, mais il y a aussi des responsables. Ils ont rendu ses agissements possibles et les ont laissés perdurer. Ils doivent répondre de leurs actes devant la justice. »

* Le prénom a été modifié

Source le Parisien 

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