JUSTICE : Cinq ans de prison pour une psychologue qui a tué son ex-mari violent

En 2010, Annie Métais avait étouffé puis jeté à la mer le corps de son époux. Pendant des années, elle avait subi des violences conjugales.

Une psychologue qui a reconnu avoir tué en 2010 son ex-mari violent « dans une bouffée de haine » a été condamnée jeudi à cinq ans de prison par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. L’avocate générale avait réclamé vingt-deux ans de réclusion criminelle contre Annie Métais mais la cour a finalement requalifié les faits de meurtre en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Jacques Métais avait été étouffé puis jeté à la mer le visage entouré de ruban adhésif et lesté d’une ancre. Annie Métais, qui avait subi des années de violences conjugales, avait été libérée en novembre 2012 après dix-huit mois de détention provisoire. Elle a été réincarcérée juste après le verdict. Elle est restée de très longs instants dans les bras de ses trois fils qui avaient imploré les jurées de laisser leur mère en liberté.

« Le jouet de la folie d’un homme brisé ».

« La justice vient d’offrir un beau visage », a commenté Me Olivier Lantelme, l’avocat de l’accusée. Selon lui, la cour d’assises a rétabli une « vérité juridique » en ne retenant pas l’intention homicide et a « resitué ce crime dans son histoire ». Dans sa plaidoirie, Me Lantelme avait considéré l’acte de cette femme comme « le point d’orgue d’une histoire de violences conjugales ». L’avocat avait conclu par les mots écrits par Samuel Métais à sa mère en détention en réponse à la demande de pardon de celle-ci : « Ce qui s’est passé n’est pas de son fait. Comment peut-on te blâmer d’avoir été le jouet de la folie d’un homme brisé ? ».

Annie Métais a toujours contesté une intention d’homicide.

L’accusée, une psychologue-clinicienne de 61 ans, a toujours contesté une quelconque intention homicide lorsque, le 25 septembre 2010, sur son catamaran amarré à Bandol, dans le Var, elle avait étouffé son ex-mari. Elle a répété devant un jury exclusivement féminin avoir agi dans « une bouffée de haine » lorsque Jacques Métais l’avait insultée de façon très obscène en réclamant un acte sexuel. Pour le faire taire, une fois le couple tombé au sol, elle avait apposé ses deux mains sur le visage de la victime.

Des rubans adhésifs sur les voies respiratoires.

« Quels que soient les travers de Jacques Métais, (…) il ne méritait pas cette peine de mort décidée et mise en oeuvre de façon déterminée », avait estimé lors de ses réquisitions l’avocate générale Béatrice Vautherin. « Le récit d’Annie Slama de la mort de Jacques Métais ne marche pas, ne fonctionne pas », avait-elle ajouté. Opposant des éléments médico-légaux sur les circonstances de la mort, l’accusation considère que la suffocation est la conséquence de l’apposition de ruban adhésif sur les voies respiratoires.

Les enfants du couple ont réclamé la clémence pour leur mère.

Un « comportement d’une froideur glaçante », avait relevé Me Mireille Rodet, avocate des trois enfants de Jacques Métais nées d’une première union, privées définitivement, selon leur avocate, de la possibilité de se réconcilier avec un père avec lequel elles avaient coupé les ponts en 2007. Alors que les fils de la victime ont réclamé la clémence pour leur mère au motif de violences intrafamiliales commises par un père alcoolique et atteint d’une psychose maniaco-dépressive, « en 2010, nous ne sommes pas dans une problématique de femme battue même si elle a existé par le passé », avait estimé l’avocate générale.

Avec AFP

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