Autiste, il fait condamner son agresseur sexuel après un long combat judiciaire

Quatre rapports d’experts avaient estimé que le témoignage de la victime était crédible. Mais l’accusé avait été relaxé en première instance. LP/Guenaele Calant

La cour d’appel de Montpellier (Hérault) a condamné l’agresseur à deux ans de prison avec sursis.

La parole d’une adolescente autiste a été entendue. La cour d’appel de Montpellier (Hérault) vient de condamner un homme âgé de 57 ans à deux ans de prison avec sursis pour «agression sexuelle» assortie d’une mise à l’épreuve. Il est aussi inscrit sur la liste nationale des délinquants sexuels. Le résultat de plus de deux ans de lutte de la famille de la jeune femme, explique France Bleu Roussillon.

A Sainte-Marie-la-Mer près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), en juin 2015, la jeune fille autiste, alors âgée de 14 ans, est à la plage avec ses parents. Un voisin de la famille propose d’emmener leur fille faire une promenade en barque. Les parents n’y voient pas d’objection.

Quelques jours plus tard, l’adolescente de retour sur les lieux confie à une éducatrice qu’elle a été agressée sexuellement lors d’une promenade en barque. Des propos qu’elle va redire devant les gendarmes.

L’accusé relaxé en première instance

Quatre rapports d’experts estiment que le témoignage est crédible mais le tribunal de Perpignan a relaxé l’accusé en première instance.

«Les juges ont traité ce dossier comme s’ils n’avaient pas une enfant autiste sur le banc des parties civiles, analyse Maitre Corinne Serfati, l’avocate de la famille. Il ont voulu entendre et comprendre sa parole comme si elle n’avait pas de handicap. Nécessairement, ils sont passés à côté… », rapporte France Bleu.

«Ne plus passer à côté de la parole d’un handicapé»

La cour d’appel de Montpellier pris davantage de temps pour examiner l’affaire et tenu compte des analyses. «Ce procès met en exergue de manière très juste le fait que leur handicap n’est pas un frein à l’audition des enfants autistes», a réagi Me Serfati interrogée par France 3 Occitanie. Elle espère que ce jugement fera jurisprudence.

«Quand il y a un handicap, la parole de l’enfant est plus difficile à recueillir, et surtout plus difficile à entendre et à comprendre pour les avocats et les magistrats. Ce dossier va donner des clés, pour ne plus passer à côté de la parole d’un enfant handicapé», explique-t-elle à France Bleu Roussillon.

Source :  Le parisien

 

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