Agression sexuelle d’une fêtarde: peine de 3 ans ou 6 mois, pour éviter l’incarcération

Cueillir une jeune fille complètement ivre sur Grande-Allée. L’embarquer dans sa voiture. L’amener à son appartement. Avoir deux relations sexuelles non consentantes, dont une sans condom. Quelle peine pour ce crime? Trois ans ou… six mois?

Le programmeur-analyste de 33 ans, originaire de l’île de la Réunion et sans statut légal au Canada, a été déclaré coupable cet automne d’agression sexuelle sur une jeune universitaire de 19 ans.

Le 5 février 2012, Turpin avait repéré la jeune fille complètement ivre, sans manteau, sur Grande-Allée. L’étudiante, qui arrivait de la région de Montréal dans un «party bus», venait d’être expulsée du Dagobert.

Mad Giovanni Turpin la prend sous le bras et l’escorte jusqu’à sa voiture. La jeune fille vomit deux fois avant leur départ. L’homme amène la fêtarde chez lui, à Sainte-Foy, où elle vomira une troisième fois. Il aura deux relations sexuelles avec elle, dont une sans condom, admettra-t-il aux policiers.

La jeune femme se réveille le lendemain, sans souvenir de sa soirée, dans le lit d’un inconnu. Turpin la reconduit au terminus d’autobus.

Rentrée chez elle, l’étudiante se rend à l’hôpital pour faire une trousse médico-légale. L’ADN de Turpin sera trouvé dans son vagin.

Il ne fait aucun doute, a tranché la juge Christine Gosselin de la Cour du Québec, que la plaignante n’était pas en état de consentir. La juge avait qualifié les explications de l’accusé «d’invraisemblables».

Après trois mois d’incarcération, Mad Giovanni Turpin admettait hier que «sa notion de consentement était erronée». «Je regrette d’avoir rencontré cette fille-là, disait Turpin, les yeux humides dans le box de détention. Mon intention n’a jamais été de lui faire du mal.»

Éviter l’incarcération

L’avocat de Turpin, Me Hugo Blanchette, a tenté de convaincre la juge d’imposer à son client une peine de six mois moins un jour de détention. Il demande aussi au tribunal de créditer les jours d’incarcération à un ratio de 1,5, équivalant à environ 5 mois. Ainsi, lorsque la juge Gosselin fera connaître la peine dans un mois, Turpin aurait déjà terminé de la purger.

Si le Réunionnais réussit à convaincre Immigration Canada de lui accorder de façon rétroactive un statut de résident permanent, une peine de moins de six mois lui permettra d’aller en appel de sa déportation à venir, a plaidé Me Blanchette.

Sans antécédent judiciaire, Turpin a un grand potentiel de réhabilitation et un excellent profil, ajoute l’avocat de défense, sous le regard de la demi-douzaine d’amis de l’accusé venus entendre les représentations sur la peine.

Proche de l’enlèvement

Le procureur de la Couronne Me Michel Bérubé cachait avec peine son exaspération durant les représentations de son confrère. «Une peine de six ans dans le contexte social actuel de dénonciation des agressions sexuelles, ça, ce serait de nature à choquer un public bien informé», fulmine Me Bérubé. S’il y a une chose qui répugne la société aujourd’hui, ce sont des gestes comme ceux posés par Mad Giovanni Turpin.»

Pour la Couronne, le crime de Turpin se rapproche de l’enlèvement et mérite une peine de 36 à 42 mois de prison.

Source du soleil

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