Meurthe-et-Moselle : 201 femmes victimes de violences accueillies par l’association Arélia l’an dernier

La pièce d'accueil des femmes victimes de violences à l'association Arélia à Nancy © Radio France - Isabelle Baudriller

Les femmes victimes de violences peuvent frapper à la porte de l’association Arélia en Meurthe-et-Moselle. L’an dernier, 201 femmes ont été reçues à l’accueil de jour dans les antennes de Nancy et Pont-à-Mousson. Certaines ont été mises à l’abri dans le centre d’hébergement de Nancy.

L’étage est sécurisé par un digicode, la salle d’accueil est chaleureuse avec son divan blanc et ses fauteuils rose et vert. Ici une cuisine, là un espace jeux pour les enfants. Et puis cinq chambres. Le centre d’hébergement de l’association Arélia à Nancy accueille en ce moment quatre femmes et leurs trois enfants. 

Des femmes qui souvent ont eu du mal à se libérer de l’emprise de leur conjoint. « Cette soumission dure souvent depuis de nombreuses années – on a même reçu des personnes qui avaient 65 ans et 45 ans de violences derrières elles – à tel point que les femmes se demandent « mais qu’est ce que j’ai fait de mal pour qu’il en arrive là, il faut que je me corrige ». C’est la roue infernale et il faut 8 départs en moyenne pour arriver à se séparer », explique Michèle Nalet, le directrice du service Femmes victimes de violences.

Aider mais ne pas imposer

Quand une femme choisit de partir, c’est « presque gagné » selon Estelle Poterlot, éducatrice spécialisée. Sa ligne de conduite ? Aider mais ne pas imposer. « Si on décide à la place de la dame, elle ne pourra pas avancer. Notre travail, c’est l’aider à comprendre qu’on ne frappe pas la femme qu’on aime. C’est interdit par la loi. »

Quoiqu’il en soit, elle sera toujours face à elle-même. C’est elle qui doit prendre la décision » – Estelle Poterlot, éducatrice spécialisée

Ne pas rester isolée

Les femmes restent en général entre trois et cinq mois au centre d’hébergement de Nancy. Peu d’entre elles parviennent à porter plainte« Il y a la démarche d’aller au commissariat », poursuit Estelle Poterlot, « mais après, est-ce qu’il y a une confrontation, autrement dit être de nouveau confrontée à son bourreau ? S’il y a des enfants, est-ce qu’il y a des droits pour le père ? Une fois qu’on est partie, c’est une première étape mais après, c’est un long chemin parsemé d’obstacles et de difficultés pour pouvoir tout simplement vivre sereinement sans avoir l’ex conjoint qui vient embêter ou dire des choses sur la maman aux enfants. C’est très compliqué ». L’un des clés pour elle : « Ne plus s’isoler, ça c’est le b.a.-ba pour essayer de se réparer et de se reconstruire ».

  • Contact accueil Femmes victimes de violences (association Arélia) : 03 83 15 23 48 

D’après France Bleu sud Lorraine 

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