AGEN : Le droit de visite médiatisé vire en rébellion

u-delà des faits, c’est une situation humaine que le tribunal a eu à juger hier. Un homme de 41 ans comparaissait pour menaces, rébellion et dégradations commises le 11 avril dans les locaux de «La Sauvegarde» à Villeneuve. Ce jour-là, cet homme qui venait exercer un droit de visite de ses trois enfants dans ce «point de rencontre médiatisée» se serait énervé de ne pas trouver ses enfants et aurait menacé de «casser la gueule au directeur».

L’homme a fait du scandale, refusant de quitter les lieux : «Je veux voir mes enfants ! Sinon je pète un câble». La police intervenait et le trouvait les yeux hagards et les poings fermés. «Ne me touchez pas ! La justice française est raciste !». Les policiers avaient toutes les peines du monde à le menotter, contraints à des gestes techniques. Et il donnait un coup de tête contre la vitre de la voiture. À la barre, l’homme admet s’être emporté par dépit. Jamais on ne lui avait dit que ses enfants n’étaient pas présents. Il avait téléphoné en chemin pour dire qu’il serait en retard. «Très bien !» aurait répondu un interlocuteur sans stipuler que ses enfants n’étaient pas là. En réalité, 15 jours auparavant, il ne s’était pas présenté à la visite médiatisée sous l’effet de la colère contre «La Sauvegarde». En effet, il évoque un problème avec la famille d’accueil où sont placés ses enfants.

«La famille les pousse à manger du porc et ils ne sont pas bien traités. J’ai appelé plusieurs fois le directeur pour lui parler de mes soucis. J’aimais bien le directeur mais depuis quatre ans, je ne suis plus d’accord avec la gestion de la situation». Toutefois, il nie les menaces. Préparateur de commandes par intérim, il est décrit comme très attaché à ses enfants : «J’étais trop mal. Comme un père qui voit que ses enfants ne vont pas bien et qui ne peut rien faire». Son avocate, Me Sophie Grolleau, pointait son sentiment d’injustice : «Il vit en foyer et ne voit ses enfants que deux fois par mois et il n’a nullement été informé que son droit de visite avait été suspendu suite à son absence 15 jours auparavant. C’est donc logiquement qu’il s’est présenté mercredi en prenant le soin d’appeler pour signaler son retard. Ce père qui se réjouit de voir ses enfants sur le trajet en est brusquement privé. Et on ne lui donne aucune explication».

Elle met en doute les menaces alors que le directeur ne se trouvait pas dans la salle, comprend que son client ressente de l’amertume quand le compagnon de son ex-femme assiste librement aux droits de visite. Elle insiste sur le fait que c’est le seul incident en quatre ans de placement des gamins, et voit encore de la frustration quand les policiers inspectent son sac chargé de bonbons et de cadeaux. «Il espère retrouver une vie normale. Une première nuit en prison a été largement suffisante pour reconnaître la gravité de ses actes».

Avec trois condamnations, le prévenu a écopé de 4 mois de prison dont 2 mois avec sursis. Il a été relaxé des menaces et n’a pas été maintenu en détention. Le procureur avait requis 8 mois ferme et la révocation d’un précédent sursis.

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