SOCIETE / FAMILLE : Six phrases à dire à son enfant pour développer son empathie

Comme un rouage de l’humanité, l’empathie est la clé d’une vie paisible en communauté. Cette faculté de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent peut être améliorée chez les enfants grâce à quelques mots.

Entre deux frères, des amis ou en famille, l’empathie contribue à apaiser les liens. Une qualité nécessaire pour des rapports équilibrés. « L’empathie aide à ce que l’on se comprenne mieux et participe au bien-être du monde, indique Stéphanie Couturier, psychomotricienne, psychologue et auteur de Aider votre enfant à développer son empathie (éditions Marabout). Avec de bons outils, nous développons une meilleure communication. Plus les enfants sont riches en empathie, plus les projets sont forts et intenses. C’est une richesse intérieure en plein essor, liée à la connaissance de la sphère émotionnelle. »

Dans les premières pages de son livre, Stéphanie Couturier rappelle les qualités nécessaires pour être empathique : « Connaître le panel des émotions ; être dans une attitude particulière de disponibilité, d’écoute et de non-jugement ; garder une certaine distance pour ne pas confondre les émotions de l’autre et ses propres émotions ; être sincère ».

L’enfant a donc besoin de comprendre l’autre et ce qu’il éprouve, sans le juger. « On peut expliquer à l’enfant que toutes les émotions nous traversent au cours de la vie, conseille Stéphanie Couturier. Certaines émotions ne se montrent pas, d’autres ne sont pas celles que l’on croit. Nous devons apprendre à considérer la portée de nos actes et de nos mots. » Avec bienveillance et l’envie d’améliorer les rapports aux autres, découvrez six phrases comme autant de clés pour développer l’empathie d’un enfant.

« Je te comprends. »

Être à l’écoute de l’autre, attentif à ses émotions est déjà un premier pas. « Lorsque l’enfant est entouré par une famille, un entourage empathique, il est reconnu, respecté, apaisé vis à vis d’un sentiment d’injustice qui est souvent présent, note Stéphanie Couturier, psychomotricienne et psychologue. L’enfant n’attend pas toujours des solutions concrètes, il demande juste à être écouté. »

« Est-ce que tu peux te mettre à sa place ? »

Afin de développer l’empathie chez un enfant, il est nécessaire qu’il puisse comprendre l’autre, en essayant d’analyser la situation. « Dans le cas d’une colère entre deux amis, par exemple, on peut demander à l’enfant « Quelle est l’émotion que ton copain a ressenti ? », propose Stéphanie Couturier. Avec le moins d’affect possible et beaucoup de calme, on essaye de disséquer ce qu’il s’est passé tout en gardant une certaine distance comme si c’était un film. L’enfant va transposer la situation par le biais du neurone miroir, sans se sentir touché. »

« Essaye de te souvenir du visage de ton copain/frère/cousin. »

Quand les enfants sont plus petits, il n’est pas simple de les faire parler et de trouver les bons mots pour apaiser une crise. Stéphanie Couturier propose de servir de la mémoire visuelle. « Le parent peut demander à son enfant « Que voyais-tu sur le visage de ton copain/frère/cousin ? De la colère, de la surprise, de la peur, etc. ? » » En analysant les traits du visage, il va chercher à comprendre l’autre.

« À ton avis, qu’est ce qui pourrait créer de la joie ? »

Dans un moment posé, au cours d’une discussion, le parent peut développer, muscler l’empathie de l’enfant. « En lui demandant comment créer de la joie, de la surprise ou de l’émotion chez une copine, l’enfant va saisir la corrélation entre les mots et ce qu’ils provoquent », note Stéphanie Couturier.
« Ce sont dans des moments calmes, que l’on incite l’enfant s’ouvrir à se mettre à la place d’autrui, poursuit Stéphanie. Il va s’appuyer sur ses propres émotions mais il a besoin d’avoir de la distance. S’il est trop impliqué, son approche est biaisée. »

« Tu peux lui dire pardon (et le penser) ? »

Comme une première étape nécessaire pour aller vers l’autre, apprendre à dire pardon est essentiel entre les enfants. « Même si ce n’est pas toujours facile de pardonner, la rancoeur n’aide à rien, souligne Stéphanie Couturier. Après un coup dans une fratrie, par exemple, nous devons reconnaître ce qu’il vient de se produire en disant à l’enfant « Tu dois avoir mal et j’en suis désolée. » puis lui demander « À ton avis, pourquoi il a eu un geste méchant ? » ou « Qu’est ce qu’il se passe dans sa tête ? ». L’enfant pardonne mieux quand il comprend la situation de façon globale. Il a aussi besoin d’acter ce pardon avec un rituel de paix (un geste, un dessin déposé dans une boîte à pardon, un baiser, etc.) pour ne pas garder un goût amer. »

« Les mots aussi peuvent faire très mal. »

Certains mots sont autant violents que des coups. Il est important de rappeler aux enfants que ces mots ont de fortes répercussions. « Nous devons dire à l’enfant que la maltraitance passe aussi par les mots, confie Stéphanie Couturier. Quand il reçoit un mot violent, qui fait mal, il peut dire un code pour signifier à l’autre sa douleur. »

© Marabout

Aider votre enfant à développer son empathie, Stéphanie Couturier, éditions Marabout, janvier 2018, 63 pages, 5,90 euros. 

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