Justice Belge et Maltraitances: 8 et 15 ans de prison pour des parents coupables de tortures sur leur fille

L tribunal correctionnel de Charleroi a condamné mercredi deux habitants de Farciennes à des peines respectives de 8 et 15 ans de prison ferme pour des tortures répétées sur leur fille. La victime était battue et fouettée quotidiennement par le père, qui ciblait les blessures anciennes pour empêcher leur cicatrisation. Il lui brûlait également les pieds à l’aide d’un fer à souder.

Le calvaire de la jeune fille, qui portait le voile quasi intégral à l’athénée de Châtelet en dépit du règlement, a été révélé en septembre 2016. Sous le tissu, l’adolescente cachait les stigmates des sévices infligés par son père depuis sa troisième maternelle.

Convoquée avec le prévenu, dont elle craignait la réaction violente au retour de la réunion, la victime a accepté de dévoiler une partie de son corps, criblé d’hématomes. « Elle a expliqué que, la veille, elle avait reçu des coups de batte de base-ball et que, depuis l’âge de six ans, elle était battue quasi quotidiennement« , a plaidé l’avocate de la partie civile lors à l’audience du tribunal, devant lequel les parents de la jeune fille comparaissaient pour coups, traitements inhumains et tortures.

Outre les hématomes et les fractures consolidées depuis des mois, la victime présentait des brûlures aux pieds. « Elle a expliqué que son père l’attachait avec des liens colsons et la brûlait avec un fer à souder pour lui faire savoir ce que serait l’enfer, si elle s’avisait de pécher« , a ajouté le parquet. « Il ciblait surtout la peau entre les orteils et frappait à nouveau dessus pour éviter que les plaies ne cicatrisent. Elle avait les pieds tellement gonflés qu’elle devait porter du 41 alors qu’elle chausse du 37. »

Après ces déclarations, une perquisition a été menée immédiatement au domicile familial, où ont été découverts une batte de base-ball et un câble informatique qui servait à fouetter la victime. « Les murs de la maison étaient couverts de versets du coran. Mais il n’y avait ni jouet, ni lit pour les quatre enfants. Le père a appris la naissance de sa fille alors qu’il venait de se marier à une autre femme. Il a dû l’assumer et lui a fait payer physiquement et psychologiquement« , a conclu le parquet, qui avait requis 18 ans pour le père et 12 pour la mère.

Ces derniers ont nié les faits, au contraire de leurs avocats. Me Bovy, conseil du père, a évoqué un déni culturel et la crainte de voir la honte de ces aveux rejaillir sur la famille. Me Aubry, lui, a plaidé que sa cliente était au courant des faits, sans en mesurer la gravité, et précisé qu’elle avait tenté d’intervenir mais que la violence se retournait alors contre elle.

Mercredi, le tribunal a relevé l’extraordinaire gravité des faits, empreints de barbarie et de sadisme de la part du père. La mère, elle, ne s’est pas contentée de ne pas réagir. Elle a participé aux faits via des actes positifs. Elle faisait ainsi établir des certificats de complaisance par un médecin, cachait les blessures et prétendait que sa fille avait des problèmes de tension pour justifier ses absences.

Mohamed B. a finalement écopé de 15 ans de prison ferme et a fait l’objet d’une arrestation immédiate à l’audience. La mère, elle, est condamnée à huit ans de prison. Son arrestation immédiate n’a pas été ordonnée.

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