Jeune fille battue à Villars : Les parents relâchés par la justice suisse

Leur détention provisoire, de trois mois en trois mois, n’a pas été reconduite. Interpellés mi-janvier, placés en garde à vue puis écroués, la mère et le père de Liana* ont été libérés à une semaine d’intervalle et ont pu regagner la station vaudoise où ils vivent et travaillent depuis de nombreuses années. Lui, est associé gérant du Restaurant Le Sporting avec le grand-père maternel de la victime; elle, est responsable d’un pressing.

Jeudi 12 avril, la maman de la jeune femme de tout juste 18 ans a pu recouvrer la liberté («Le Matin» du 17 avril), à la condition de suivre à la lettre les mesures de substitution soumises à la justice par son avocat, Me Jacques Barillon. Mesures acceptées par le procureur Olivier Jotterand et ratifiées par le Tribunal des mesures de contrainte.

Expertise psy et bracelet

Ainsi, la prévenue a l’interdiction d’avoir des relations personnelles avec sa fille. Il lui est aussi strictement interdit de s’approcher à moins de 100 m du domicile du petit ami de sa fille et des parents de ce dernier, de ses collègues de travail et du salon où Liana poursuit son apprentissage de coiffeuse. Tous ont été menacés pour avoir protégé la jeune fille – mineure au moment des premiers coups et des premières intimidations psychologiques – des foudres de ses parents et de sa famille élargie. En outre, une expertise psychiatrique de l’accusée a été ordonnée. Celle-ci a dû s’engager à se présenter aux rendez-vous de l’expert.

Son mari, père de Liana, est sorti de prison mercredi dernier. Sur les exigences de sa libération, nous ne saurons rien pour l’instant. Commis d’office, son défenseur, Me Marcel Waser, n’a répondu à aucune de nos sollicitations depuis une semaine. Sans l’affirmer catégoriquement, on peut imaginer que les mesures de substitution sont identiques ou très proches de celles de son épouse. Des habitants prétendent que le père de famille serait placé sous surveillance électronique et porterait un bracelet.

À Villars, la surprise a été de taille. Jeudi, au lendemain de sa relaxe, l’homme serrait les mains des clients sur la terrasse de son établissement. Cette affaire sordide se déroule dans un périmètre minuscule. 100 m entre le restaurant et le lieu de travail de Liana, situé à un jet du pressing de sa mère. D’origine kosovare, le couple est «chargé». À ce stade de l’instruction, tous deux sont prévenus de lésions corporelles, séquestration, contrainte, menaces, voies de fait, injure, violation du devoir d’assistance et d’éducation et infraction à la loi fédérale sur les armes (uniquement le père).

Patrouilles de protection

Pour avoir refusé un fiancé au Kosovo alors qu’elle en aime un autre, Liana a morflé jusqu’à perdre connaissance. Est-elle sous protection? Le parquet ne fait aucun commentaire sur ce dossier. Des patrouilles de police s’arrêtent pourtant régulièrement au salon de coiffure qui l’emploie. (Le Matin)

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire