Haute-Saône : un homme tue sa femme, dissimule son corps et refait sa vie

Le procès de cet homme de 56 ans, qui a avoué avoir tué son épouse, s’est ouvert ce jeudi à Vesoul.

Pendant près d’un an, il avait dissimulé le meurtre de sa femme et refait sa vie avant d’être confondu par les gendarmes. Le procès d’un chauffeur routier de 56 ans, Eric Desnoue, s’est ouvert jeudi à Vesoul.

Jugé jusqu’à vendredi pour « meurtre sur conjoint » par la cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

« C’est moi qui ai donné la mort à ma femme, mais c’était tout à fait involontaire », a déclaré l’homme, posé, au crâne dégarni et au visage impassible, au début de l’audience.

Il avait joué les maris éplorés

Le 28 août 2013, Eric Desnoue avait signalé la disparition de Françoise Saffer, 56 ans, à la gendarmerie, jouant les maris éplorés. Mais très vite, le chauffeur routier avait utilisé l’argent de son épouse et refait sa vie avec sa maîtresse, avec laquelle il pratiquait l’échangisme.

Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs de la section de recherches de Besançon ont découvert au domicile du couple, grâce au révélateur Bluestar, d’importantes traces de sang lavées, appartenant à la victime.

Placé en garde à vue en juin 2014, Eric Desnoue avait finalement reconnu être responsable du décès de son épouse et indiqué où retrouver ses ossements.

Le corps déposé dans les bois

Il a expliqué avoir donné un coup d’épaule à sa femme qui était, selon lui, tombée dans l’escalier, lors d’une dispute conjugale à leur domicile à Bourogne (Territoire de Belfort), dans la nuit du 27 au 28 août 2013. Constatant sa mort, il avait placé le corps dans des sacs-poubelles et l’avait déposé dans un bois, avant de rentrer nettoyer les traces de sang.

« Ils se disputent, elle tombe, elle meurt. Ensuite, il agit dans un état de panique et se débarrasse du corps », plaide l’avocat de l’accusé, Me Patrick Uzan. L’état de décomposition du corps n’a pas permis de confirmer ou d’infirmer cette version des faits.

Me Randall Schwerdorffer et Julien Robin, avocats de la partie civile, doutent de la version de l’accusé. Le crâne de la victime est « sans stigmates », alors qu’elle serait tombée sur la tête dans l’escalier, ont-ils notamment souligné.

Des recherches de substances mortelles sur Internet

Quelques mois avant son décès, la victime avait subi une ablation de l’estomac. D’après les médecins, elle avait ingéré un produit de type « Destop ». Les analyses de l’ordinateur d’Eric Desnoue ont montré qu’il avait effectué des recherches sur Internet sur les substances dangereuses et mortelles.

Les femmes restent en France les premières victimes des violences conjugales. Selon le ministère de l’Intérieur, 123 ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en 2016, soit une tous les trois jours.

Avec AFP

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