Le violeur de la cité des Gaspards condamné à 20 ans de réclusion

SAINTE-MARIE. Francis Saminaden a été reconnu coupable pour l’enlèvement et le viol de sa petite voisine mais aussi pour celui de sa belle-fille handicapée. Son ex-compagne écope, elle, de cinq ans pour proxénétisme.

« Il a fait du mal à ma fille ! Il a fait du mal à ma fille ! » Au deuxième jour du procès aux assises de Francis Saminaden, la mère de la petite Laëtitia (*) s’est effondrée en larmes alors que Me Judicaël Mangataye, l’avocat de la famille, entamait sa plaidoirie.

Elle avait jusque-là retenu ses sanglots, épaulée par ses proches, mais a fini par craquer. Sa fille, qui n’avait que cinq ans à l’époque, a été attirée par l’accusé dans un appartement de la cité des Gaspards avant d’être violée. Le quinquagénaire croisé dans la rue lui avait promis des bonbons !

Aux yeux de Me Mangataye, le Sainte-Marien de 57 ans, qui vivait du RSA, a eu un comportement de prédateur. Ce jeudi 10 mars 2016, il a abusé de la fillette en la poussant sur un matelas avant de l’attacher avec des rubans adhésifs. Il l’a ensuite mise dans un sac de voyage pour la transporter à vélo jusqu’à un champ de cannes de la Convenance et l’a enfin abandonnée ligotée à un plant. « Il a appâté, enfermé et bâillonné Laëtitia et a su ensuite s’adapter et se débarrasser de sa proie, analyse le conseil. Ces actes sont comparables à de la torture ! »

Francis Saminaden avait-il l’intention de revenir tuer la fillette, comme l’a laissée entendre l’avocate générale Souad Meslem ‘ Non, assure l’intéressé. « Je voulais la libérer ! », répétera-t-il depuis le box. Pourquoi, alors, le quinquagénaire est-il rentré chez lui récupérer une cordelette ‘ Parce qu’il voulait se suicider avec son chien, continue-t-il d’expliquer. Il évoque le site du Colosse et sa tentative de pendaison en se servant des branches d’un vacoas !

Personne n’y croit exception faite de Marie (*), la femme avec qui il était alors en couple. Celle-ci était absente au moment des faits, mais elle n’a pas dit un mot aux gendarmes engagés dans une véritable chasse à l’homme après que la fillette ait été retrouvée errante et couverte de sang par un couple de retraités et des cyclistes. Francis Saminaden lui avait pourtant confié à son retour qu’il avait violé « une fille Comores ».

L’accusé a maintenu ses explications quant à l’origine de son passage à l’acte. Si les experts ont évoqué la thèse de pulsions pédophiles jusque-là refoulées, le Sainte-Marien a, lui, répété que c’est parce qu’il avait été accusé injustement de viol par Karine, la fille handicapée de Marie, qu’il avait voulu se venger et montrer à la juge l’ayant mis en examen en 2014 « ce que c’était vraiment un viol. »

L’élément déclencheur des faits du 10 mars 2016, c’est cette convocation de justice reçue quelques jours avant par courrier pour ce premier dossier de « viol sur personne vulnérable ». Un viol pour lequel Francis Saminaden et Marie ont également dû s’expliquer durant ces deux jours d’audience.

Malgré sa relation, Marie se prostituait et avait fini par proposer également à ses clients sa fille de 29 ans qu’elle voyait le week-end. Francis Saminaden reconnaît qu’il couchait lui aussi avec la jeune femme handicapée, et souvent aussi avec Marie en même temps.

« Ils ne sont pas aussi stupides qu’ils essaient de le faire paraître !, taclera l’avocate générale. Ils disent qu’ils ne savaient pas qu’elle était déficiente mentale, mais elle était sous tutelle depuis sa naissance, et qu’elle vivait dans un foyer. Alors, M. Saminaden dit qu’elle était consentante et sa compagne répète tout ce qu’il dit. Ces actes sexuels étaient véritablement monstrueux ! »

Souad Meslem reviendra ensuite sur les actes d’une violence extrême commis par l’accusé sur la petite LaÀ«titia qui a dû subir une intervention chirurgicale. Ce qui conduira la magistrate à requérir 30 ans de réclusion contre Francis Saminaden et 10 ans contre sa compagne.

« C’est un couple dont le destin s’est lié dans le crime », avait-elle lancé en préambule. Mais pour Me Marius Rakotonirina, l’avocat de Marie, le véritable responsable, c’est Francis Saminaden. « Ma cliente est naïve et particulièrement influençable. Sait-elle vraiment ce qu’est une mère alors qu’elle est incapable de se protéger elle-même ‘ » La quinquagénaire a finalement écopé d’une peine de 5 ans de réclusion criminelle.

Francis Saminaden a, lui, été condamné à 20 ans de réclusion. « Il regrette terriblement son geste et il a répété à plusieurs reprises qu’il ne méritait pas de vivre. Il a même tenté de se tuer en prison en avalant tous ses médicaments et a fini huit jours à l’hôpital », avait plaidé son avocat Me Henri Moselle. L’homme a une dernière fois demandé pardon avant de partir pour la prison.

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