Affaire Grégory : Murielle Bolle est rentrée chez elle. Son hébergeur exprime sa vie quotidien avec Murielle

Murielle Bolle a quitté vendredi matin la Nièvre où elle était en «exil judiciaire» depuis l’été dernier. Son hébergeur, Jean-Charles Boizot, revient sur ces neufs mois particuliers.

Sa reconnaissance, Murielle Bolle l’a consignée dans un sms envoyé ce vendredi matin à 7h10 : « On est parti. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vous resterez à jamais dans mon cœur. » Un autre SMS de remerciements a été expédié vers 10h30 à l’heure où Murielle Bolle avait regagné les Vosges. Le destinataire de ces messages c’est Jean-Charles Boizot, l’homme qui l’a recueillie à Saint-Honoré-lès-Bains (Nièvre) pendant les neuf mois de son exil ordonné par son contrôle judiciaire.

Jean-Charles Boizot savait que ce contrôle judiciaire serait assoupli mercredi. C’est en tout cas ce qu’il affirme. « Je ne vous dirai pas comment, mais je le savais. Alors, j’ai mis du champagne au frais et on a arrosé ça mercredi midi », confie l’ancien maire de cette cité thermale.

Aussi soulagée qu’anxieuse dans l’attente de la décision, Murielle Bolle a « pleuré de bonheur » et a partagé l’un de ces derniers repas avec son bienfaiteur, mangeant avec appétit des asperges, un risotto aux fruits de mer et un Moulinois, gâteau au praliné, spécialité de Moulins-Engilbert (Nièvre) où elle devait pointer à la gendarmerie. Un « clin d’œil » avant de prendre une photo souvenir.

«Je pense que cette femme n’a rien à se reprocher»

Âgée de 48 ans, Murielle Bolle a quitté ce vendredi à 7h10 Saint-Honoré-les-Bains en voiture, après un exil loin des Vosges. « Elle était arrivée chez moi le 4 août », précise Jean-Charles Boizot. Il s’était proposé d’héberger la mère de famille dans le cadre d’un contrôle judiciaire très strict lui interdisant notamment de séjourner dans les Vosges.

Offrir l’hospitalité à l’un des personnages clé de l’affaire Grégory, qui plus est soupçonné d’être impliqué dans le rapt mortel, ce n’était pas un geste anodin. « Je l’ai fait parce que je n’ai absolument pas confiance en la justice et que je pense que cette femme n’a rien à se reprocher », justifie Jean-Charles Boizot. L’ancien maire en avait parlé à son avocat et ami, Gilles-Jean Portejoie, qui l’a encouragé dans cette voie. Cette parenthèse de neuf mois s’achève. Jean-Charles Boizot l’évoque avec pudeur.

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« Murielle, que je ne me suis jamais permis de tutoyer et à qui j’ai toujours simplement serré la main, était installée dans un appartement de plain-pied, un des logements que je loue habituellement. Elle restait pratiquement toujours enfermée. Elle regardait beaucoup la télé, recevait pas mal d’appels, faisait des grasses matinées… », raconte son hébergeur.

Certaines sorties étaient pourtant obligatoires. « Pendant quatre à cinq mois, je l’ai emmenée pointer à Moulins-Engilbert, 22 kilomètres aller-retour, alors que les gendarmes passaient fréquemment devant chez elle, dix à vingt fois par semaine. Après, Murielle a eu une petite voiture, une Clio ancienne, elle y allait seule. » D’autres sorties ne découlaient d’aucunes contraintes mais restaient rares. Une promenade dans le Morvan, un ou deux cinémas, un kebab avec ses enfants et une amie venus lui rendre visite… Et aussi quelques repas chez son logeur qui l’emmenait parfois faire des courses, réglant le plus souvent la note.

«J’ai reçu des lettres anonymes abominables»

En hébergeant Murielle Bolle, Jean-Charles Boizot a découvert une « femme pas bête du tout ». « Elle sait faire plein de choses que je ne sais pas faire, comme mettre de la musique sur une clé USB », glisse dans un sourire l’ancien élu. Bien que très discrète, son hôte lui a attiré quelques solides inimitiés.

« J’ai reçu des lettres anonymes abominables me traitant de salaud ou bien expliquant que, si Murielle avait un temps accusé Bernard Laroche, c’est parce qu’il la violait, ce qui est évidemment totalement faux. Une lettre est encore arrivée il y a deux jours. Et une fois, une habitante m’a demandé si je n’avais pas honte en prétendant que sa fille de 4 ans ne dormait plus depuis que Mireille était là ! », rapporte Jean-Charles Boizot.

Jamais agréable, mais l’homme a le cuir trop épais pour se laisser impressionner. En logeant Murielle Bolle, l’ex-édile aujourd’hui modeste marchand de biens a même perdu des clients : « On ne reviendra pas chez vous, m’ont-ils annoncé. » Entre ce manque à gagner et l’argent dépensé, Jean-Charles Boizot a laissé dans cette histoire « plusieurs milliers d’euros » sans s’en plaindre le moins du monde. Accusé par des ragots de s’en être mis « plein les poches » grâce à Murielle, l’ex-élu décoré du Mérite à 40 ans assène : « Calomnies. Je n’ai jamais touché d’argent pour un reportage ! »

«Elle avait trouvé ici une autre famille»

De l’affaire Grégory, il assure que Murielle ne lui en a pratiquement pas parlé. « Elle a dit qu’elle était innocente, je l’ai crue », résume Jean-Charles Boizot qui mesure avec modestie le soutien précieux qu’il a apporté à cette femme. « Murielle n’est pas d’une nature expansive. Mais je sais qu’elle est bien contente que je l’ai aidée. Un jour, elle a dit qu’elle avait trouvé ici une autre famille », ajoute Jean-Charles Boizot en comprenant pourtant l’empressement de son ex-hôte à retrouver les Vosges.

Source LP 

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