Il est relaxé après avoir été accusé de viol sur sa voisine agée 14 ans

Hier matin, un père de famille de 30 ans se retrouvait devant le tribunal correctionnel pour des agressions sexuelles commises sur une adolescente de 14 ans. Les faits remontent à début 2011 et  ont toujours été contestés. Après une heure d’audience en absence de la victime, le trentenaire a été relaxé.

En juillet 2011, une jeune fille de 14 ans se présente à la gendarmerie de sa commune pour déposer plainte contre son voisin, R.M alors âgé de 23 ans. Devant les enquêteurs, elle va relater plusieurs épisodes d’agressions sexuelles commises entre janvier et avril. Des agressions qui vont crescendo jusqu’à une possible tentative de viol dans un champs de cannes. L’adolescente va en parler à ses parents fin juin, avant de déposer plainte en juillet. Le dossier va dormir près de deux ans.

R.M est placé en garde à vue en juillet 2013, deux ans après le dépôt de plainte. Il est mis en examen dans la foulée pour tentative de viol sur mineur de 15 ans. Que cela soit devant les enquêteurs comme devant le magistrat instructeur, le jeune homme a toujours nié les faits. Au final, le juge d’instruction a abandonné le dossier criminel, en ne gardant que les délits d’agressions. Entendu par les magistrats du tribunal, R.M continue à maintenir ses dénégations. D’une voix à peine audible, très réservé et en retrait, il reste ferme. Une réserve constatée par les experts qui l’ont examiné et qui le décrivent comme circonspect, casanier et solitaire. Et effectivement, on imagine difficilement l’homme qui se tient devant devant la barre des prévenus comme ayant tenté, à plusieurs reprises, d’abuser d’une adolescente.

« Ma jeune cliente est toujours restée constante dans ses déclarations », soutien la bâtonnière Settama-Vidon. « Elle décrit les faits avec précision, mais surtout avec constance. Au départ nous étions sur une tentative de viol »,  remarque encore la conseil. « Aujourd’hui, il nie tout et traite ma cliente de menteuse. C’est un nouveau traumatisme pour elle. Les déclarations de cette jeune fille ont été corroborées par l’examen des lieux qu’elle a décrits », conclut la bâtonnière. Même analyse pour la représentante du parquet. « Elle est très précise dans ses déclarations et ne varie pas. Sa crédibilité est accentuée par son examen psychologique. Elle avait confiance dans son voisin », soutient encore la magistrate. « Même si elle a eu des difficultés à en parler immédiatement, les faits sont parfaitement constitués », termine la vice-procureure Valérie Mascarin en requérant 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis avec interdiction d’entrer en contact avec la victime.

« Nous sommes devant une requalification d’opportunité, car ce dossier aurait dû bénéficier d’un non lieu », attaque Me Christophe Molière. « Il n’y a rien dans ce dossier. On vous parle d’émotion mais on ne vous démontre aucun élément constitutif de l’infraction », constate-t-il. Le conseil va pointer les incohérences des déclarations et s’étonne : « Elle aurait déjà subi 4 agressions depuis le mois de janvier et elle le suit tranquillement dans un champs de cannes ». « C’est vraiment dommage qu’elle ne soit pas là car j’aurai eu des questions à lui poser », conclut l’avocat en demandant la relaxe.

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