Avignon : L’ado ne supporte pas la résidence alternée, il la frappe !

Elle lui a fait vivre l’enfer, car elle ne supportait pas la résidence en garde alternée et voulait vivre chez sa mère… À un point tel que, le 8 février dernier, à Vedène, Raphaël, un employé municipal affecté à la voirie, a craqué et a infligé à sa fille de 8 ans une scène « qui s’apparente à de la torture« , relève le président du tribunal correctionnel d’Avignon. Parce qu’elle lui avait volé des bijoux et des chéquiers, Raphaël a posé un couteau sur le bras de sa fille et a menacé de lui mettre la main dans un étau et de la couper, « comme on le ferait à un voleur« … Puis il l’a frappée dans le dos à coups de ceinture et lui a donné une douche à l’eau glacée dans le but de lui faire avouer où elle avait caché les objets volés. Il a ensuite jeté ses jouets à la poubelle avant de lui porter des coups de balais dans le dos.

« J’ai honte, j’ai toujours voulu être un bon père« , se lamente Raphaël avant de déclarer n’avoir « pas été un père ce jour-là. J’ai fait tout le contraire, c’est inacceptable« , poursuit celui qui évoque des maltraitances subies dans son enfance.

« Une faute inexcusable »

« Je te présente toutes mes excuses, papa t’aime vraiment et j’espère un jour pouvoir renouer le dialogue« , tente le papa pris de remords en se tournant vers sa fille, qui reste impassible. Pour Me Simonin, partie civile, le prévenu n’a pas entendu la souffrance de sa petite fille, « une gamine qui en est devenue insupportable« . Mais son comportement « ne justifie en rien les violences« , plaide l’avocat, pour qui « les mots sont parfois plus insupportables que les coups« .

Le substitut du procureur salue le courage de la fillette, venue assister à l’audience au côté de sa maman. Pour lui, rien ne justifie des violences faites à une enfant. En s’adressant au prévenu « les yeux dans les yeux« , le magistrat lui dit qu’il s’est conduit avec « lâcheté ». Raphaël opine. « Le droit de correction existe, mais dans la limite de l’acceptable : une fessée, qui est aussi à sa manière une forme de violence, donne lieu, lorsqu’elle est un peu appuyée, à un rappel à la loi. Ici, nous sommes largement au-delà du droit de correction, nous sommes dans du sadisme », tonne le représentant du ministère public, qui réclame à l’encontre d’un « homme odieux« , « pour lui faire passer l’envie de recommencer« , une peine de 2 ans de prison, dont un an avec sursis, et mise à l’épreuve avec obligation de soins.

Me Rijo plaide « la faute inexcusable » de son client, qui a « pleinement pris conscience de la gravité de son geste« . Un homme qui s’est engagé dans une véritable thérapie et qui, en pleurs, a serré tendrement sa fille dans ses bras lorsque les juges sont partis délibérer. Déclaré coupable, il écope d’une peine d’un an de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, avec obligation de soins et dispense d’inscription de la condamnation au bulletin nº2 du casier judiciaire. Il est alloué à l’enfant et à sa mère une somme totale de 4000 €.

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