Affaire Grégory: La justice se prononce mercredi sur les mises en examen

JUSTICE La Cour d’appel de Dijon se prononcera mercredi sur les mises en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle dans le cadre de l’affaire Grégory, que la défense conteste vigoureusement plus de 33 ans après les faits….

  • Grégory Villemin, 4 ans, a été tué en 1984.
  • Marcel Jacob, le frère de la grand-mère de Grégory Villemin, et sa femme, ont été mis en examen pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi de mort ».
  • Murielle Bolle a été mise en examen pour « enlèvement suivi de mort » du petit Grégory.

Murielle Bolle sera fixée sur son sort mercredi. La Cour d’appel de Dijon se prononcera ce jour-là sur sa mise en examen dans le cadre de l’affaire Grégory. Ses avocats ont soutenu, lors de l’audience devant la chambre de l’instruction à la mi-avril, « l’absence d’indices graves et concordants » à l’encontre de leur cliente. Elle « est innocente, elle l’a toujours été », a insisté l’un d’eux, maître Vincent Nioré, l’un de ses défenseurs.

Les conseils de cette femme de 48 ans ont aussi invoqué la nullité de sa garde à vue en 1984 et ils contestent la « réintroduction dans le dossier d’actes annulés » par le deuxième magistrat instructeur – le juge Simon – de 1987 à 1990.

Rétractation

A l’automne 1984, celle qui était alors âgée de 15 ans avait accusé son beau-frère Bernard Laroche, lors d’une garde à vue devant les gendarmes, d’avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Ce dernier avait été incarcéré puis relâché avant d’être tué d’un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, en 1985.

Trois décennies plus tard, l’accusation soupçonne cette femme aujourd’hui âgée de 48 ans d’avoir participé à l’enlèvement et soutient que sa rétractation s’explique par des violences familiales subies à l’époque – ce qu’elle conteste.

Les magistrats ont cependant accepté, fin avril, de l’autoriser à rentrer chez elle dans les Vosges, tout en maintenant l’interdiction d’entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire. Elle demandait pour la deuxième fois l’assouplissement du strict contrôle judiciaire auquel elle était soumise depuis début août, qui la contraignait à résider dans la Nièvre chez un tiers.

Les « corbeaux » de l’affaire

La chambre de l’instruction se prononcera aussi, mercredi, sur les mises en examen de Jacqueline et Marcel Jacob. Les deux septuagénaires sont soupçonnés d’avoir été les «corbeaux» de l’affaire, à l’origine de plusieurs lettres anonymes bien renseignées. Selon les enquêteurs, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, qui clament leur innocence, seraient aussi impliqués dans l’enlèvement et la mort du garçonnet dans le cadre d’un « acte collectif ».

Leurs avocats affirment notamment que leurs mises en examen, intervenues également en juin dernier, sont nulles « car leurs droits élémentaires ne leur ont pas été notifiés ». Initialement soumis à un contrôle judiciaire strict, qui leur imposait de résider séparément et loin de leur domicile vosgien, les époux Jacob avaient été autorisés à rentrer chez eux en fin d’année dernière.

Avec AFP

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