Californie : cinq ex-étudiantes poursuivent leur université pour des abus sexuels

Deux plaintes ont été déposées lundi à Los Angeles, la première au nom de quatre anciennes étudiantes identifiées par un pseudonyme, la seconde au nom d’une femme identifiée par ses initiales.

Cinq anciennes étudiantes ont lancé des poursuites contre l’université californienne d’USC pour ne pas les avoir protégées de son ex-gynécologue George Tyndall, 71 ans, accusé d’abus sexuels, et ne pas avoir réagi lorsque ses agissements présumés ont été dénoncés.

Deux plaintes ont été déposées lundi à Los Angeles, la première au nom de quatre anciennes étudiantes identifiées sous le pseudonyme de Jane Doe (équivalent de « Madame X »), la seconde au nom d’une femme identifiée par les initiales J.C.

L’université accusée d’avoir voulu étouffer l’affaire

La première plainte accuse la University of Southern California (USC) de n’avoir pas réagi aux signalements concernant les actes de George Tyndall, et d’avoir tenté d’« étouffer une myriade de plaintes de ses étudiantes en protégeant sa propre réputation et ses finances ».

Selon la seconde plainte, son comportement a été dénoncé « par les patientes et les employés » du centre médical d’USC auprès de la direction de l’université sans que rien ne soit fait et sans que son comportement ne soit signalé à la commission médicale de Californie. Celle-ci a été avertie en février et l’université admet avoir trop tardé.

Selon ces documents, le praticien insérait les doigts dans le vagin de ses patientes, parfois la main entière, sans but médical. Il questionnait certaines sur leurs premières expériences sexuelles, faisait des commentaires lubriques sur leurs seins ou leur peau, leur tonicité vaginale et les faisait s’étendre nues pour être examinées, pratique inhabituelle aux Etats-Unis où les patientes portent une tunique en papier. Il avait aussi conservé une boîte de photos de parties génitales de dizaines de patientes.

Selon l’avocat des plaignantes, John Manly, 200 ex-étudiantes ont déjà contacté la ligne téléphonique dédiée aux informations ou plaintes sur le praticien, accusé d’actes déplacés ou d’agressions remontant au début des années 1990.

Limogé au terme d’un accord amiable

En 2016, après le signalement d’une infirmière, la direction avait lancé une enquête interne, mis en congé George Tyndall, avant de le limoger en 2017 au terme d’un accord amiable.

Le gynécologue a d’abord annoncé qu’il allait prendre sa retraite avant de demander en début d’année à recouvrer son poste, menaçant de poursuivre l’université, qui a alors contacté la Commission médicale californienne.

Dans un précédent entretien avec le Los Angeles Times, George Tyndall a nié toute conduite déplacée ou abusive envers ses patientes, affirmant que tous ses actes étaient médicalement justifiés. La police de Los Angeles dit n’avoir aucune enquête ouverte à son sujet.

Lundi, dans une lettre aux élèves et employés de l’université, le doyen Michael Quick s’est de nouveau excusé auprès des étudiantes « maltraitées par le docteur Tyndall » : « Je suis horrifié et dégoûté ». Niant que l’université ait tenté d’étouffer l’affaire, il a parlé de dysfonctionnement du système et appelé à une « nouvelle culture ».

Le département médical d’USC s’était déjà retrouvé en 2017 au cœur d’un scandale quand le Los Angeles Times avait révélé que son ancien doyen avait entretenu pendant des années des relations avec des criminels et des consommateurs de substances illicites avec lesquels il se droguait.

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