BRETAGNE : Une mère condamnée 30 mois de prison pour avoir secoué son bébé

Reconnue coupable d’avoir violenté son nourrisson, une jeune mère de 19 ans a été condamnée, ce jeudi à Vannes, à quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis. Elle a été placée en détention.

Un bébé insuffisamment habillé en plein hiver, alimenté de manière irrégulière, aux couches parfois non changées pendant trois jours, promené à plusieurs reprises par sa mère de manière violentedans sa poussette : ce sont les observations notées, dans un premier temps, par le personnel d’un centre maternel de Nantes où avait été placée, en compagnie de sa maman, cette petite vannetaise, quelques semaines après sa naissance, le 1er janvier 2016.

Jusqu’à ce qu’en avril, les responsables de ce centre alertent, cette fois, la Direction des affaires sociales du Morbihan pour signaler des traces de coups découvertes sur le visage et le corps de ce nourrisson. Un examen médical approfondi a rapidement conclu au syndrome du bébé secoué, avec d’autres hématomes dus à des coups précédents, qui auraient pu être portés par la mère, poursuivie jeudi devant le tribunal de Vannes.

« Pas les gestes adaptés »

Cette jeune femme de 19 ans avait déjà eu un garçon, rapidement placé en famille d’accueil. Mais, en larmes à la barre, elle reconnaît devant les juges que « cette petite fille n’était pas vraiment désirée car elle est arrivée trop tôt. Je ne me sentais pas prête. J’étais en difficulté et je n’avais pas les gestes adaptés. Je refusais les conseils que me donnaient les gens du centre maternel. Je ne supportais pas ses pleurs, alors j’écoutais de la musique avec un casque pour me canaliser ».

Le président du tribunal recherche des explications : « Ce bébé ne semblait pas être votre priorité. Vous sembliez d’abord vouloir vivre à fond votre relation avec votre compagnon, père de l’enfant, qui vit en région parisienne ». Réponse de l’intéressée : « Cette petite fille était l’une de mes priorités mais pas la seule. Je passais du temps au téléphone avec mon compagnon ».

En effet, pendant ce trimestre, a été recensé entre le couple une moyenne de plus 100 appels par jour. Les personnels du centre maternel ont ainsi a assisté des scènes où ils voyaient la femme au téléphone sans s’intéresser à sa fille qui buvait du lait froid, tout en pleurant. « Je ne me rappelle pas de telles scènes ni des remarques de l’éducateur ces jours-là. Je n’ai pas été violente. Cela vient peut-être de quelqu’un d’autre que moi », réplique la prévenue, au parcours chaotique car elle-même a été victime de violences familiales et d’agressions sexuelles.

Devenue polyhandicapée

Elle est détenue depuis décembre dernier à Rennes car elle n’a pas respecté son contrôle judiciaire, en ayant refusé de répondre aux convocations du juge d’instruction. Pour sa défense, Me Alexandra Nokovitch lance : « Elle a fait à son bébé ce qu’elle a vécu toute sa vie. Car elle est en blocage affectif. Elle a la maturité d’une adolescente. Elle en a honte ».

« Un récent examen médical a déterminé que cette petite fille conserve d’importants troubles neurologiques, parle peu et a du mal à marcher. Elle est polyhandicapée car c’est un traumatisme crânien qu’elle a connu à moins de trois mois », souligne Me Catherine Taïeb pour la défense de l’enfant, au nom du conseil départemental. Pour le ministère public, « ces lourdes séquelles prouvent la violence du secouement. La datation de ces coups à partir des hématomes correspond à la période où la mère s’occupait de son enfant. Les témoignages des éducateurs démontrent qu’elle ne supportait pas les pleurs dans un contexte général de maltraitance. Même si elle a connu une enfance difficile, elle était cette fois très entourée dans ce centre maternel mais elle a refusé tous les conseils ». Et de demander cinq ans de prison ferme.

La mère coupable est condamnée à quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve durant trois ans. Elle est maintenue en détention et son autorité parentale sur sa fille lui est retirée.

© Le Télégramme 

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