Rouen : condamné pour avoir soustrait ses enfants à leur mère en les emmenant en Tunisie

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« Vos griefs contre Madame ne vous donnent pas le droit de priver une mère de ses enfants. Ce sont vos enfants à tous les deux », rappelle la magistrate à Hedi Z.

L’homme de 32 ans est renvoyé pour avoir, du 29 décembre 2016 au 7 août 2017, empêché son ex-épouse de voir leurs trois enfants en les confiant à ses parents résidant en Tunisie.

Le 7 novembre 2017, Hedi profite des vacances de la Toussaint pour emmener, avec l’accord de leur mère, ses enfants en Tunisie. Plusieurs mois se passent sans que la mère ait de nouvelles de ses enfants. Elle ne parvient pas à contacter son ex-mari. Plus les jours passent, plus ses inquiétudes se précisent.

« Les enfants sont au bled »

Au mois de janvier 2017, elle aperçoit Hedi assis dans un café, il est seul. « Les enfants sont au bled, si tu veux les voir tu signes la garde exclusive », lui explique l’homme. Cette mère doit encore attendre plusieurs mois avant de pouvoir se rendre en Tunisie, contrainte d’attendre la fin de sa grossesse pour prendre l’avion.

Une fois sur place, en août 2017, elle apprend que ses deux aînés ne veulent par repartir avec elle et que leur père a obtenu de la juridiction tunisienne la garde exclusive des enfants qui possèdent la double nationalité. Le petit dernier fait même l’objet d’une interdiction de quitter le territoire.

« Oœil pour œil, dent pour dent »

Au mois de janvier 2018, un accord est enfin trouvé et les enfants rentrent en France. « Elle a avorté d’un de nos enfants sans me demander mon avis parce qu’elle voulait refaire sa vie avec un autre homme. Elle voulait être tranquille et m’avait dit à plusieurs reprises de me casser au bled avec les enfants, ils supportaient mal son nouveau compagnon. À l’époque ça m’a semblé être la solution, les enfants aimaient beaucoup la Tunisie. Mais aujourd’hui je me rends compte qu’il n’y a pas mieux que d’être élevés par un papa et une maman », explique le prévenu devant le tribunal.

« Aujourd’hui, d’un côté comme de l’autre on est dans une optique d’apaisement. La période de séparation est difficile. Mon client était extrêmement amoureux. Pour lui tout se passait bien, cette séparation et cet avortement ont été un choc pour lui. Elle l’avait privé d’un enfant, mis devant le fait accompli, il a voulu se venger œil pour œil, dent pour dent. Mais il ne les a pas enlevés et ne les a pas mis en danger », plaide l’avocat de la défense.

Le tribunal condamne Hedi Z. à une peine de quatre mois de détention avec sursis.

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