GENÈVE : Le fils handicapée a poignardé sa mère

Un matricide sanglant s’est déroulé jeudi, en début de soirée, dans la commune de Plan-les-Ouates. Le meurtrier présumé a été percuté par une voiture avant d’être arrêté.

«Tout le monde l’a vu avec les mains pleines de sang! Ma fille n’a pas pu dormir. Les enfants et les jeunes sont traumatisés», racontait hier cette habitante de Plan-les-Ouates. La veille au soir, l’un de ses voisins, un jeune homme né en 1993, a mortellement poignardé sa mère dans l’appartement familial situé au rez-de-chaussée du 58, route du Vélodrome.

Le sang a aussi marqué Agron, un autre riverain. «Hier, c’était terrible. L’allée en était pleine, il y en avait partout.» Il connaissait bien cette famille d’origine africaine, un couple, dont le mari est agent de sécurité, et leurs quatre enfants, deux grands garçons – dont l’un étudie au Canada –, une adolescente et une fillette. Ils résidaient dans le quartier depuis sa construction et y étaient manifestement appréciés. Les circonstances du drame sont encore inconnues. Tout au plus peut-on affirmer que le récit qui circule au Vélodrome, une dispute entre frères au milieu de laquelle la mère se serait interposée, est faux. Le drame ne comporte que deux protagonistes, la victime et son fils aîné, présenté par le voisinage comme légèrement handicapé mental.

Contradictoire

Personne ne s’explique le geste du jeune homme, tant il paraît en contradiction avec sa personnalité extrêmement introvertie. «Il était très timide, décrit Ana. Il n’osait pas dire bonjour, gardait toujours la tête baissée. Il avait très peur des chiens.» Durmaz évoque aussi un garçon «très calme, très poli». Une autre voisine raconte un jeune «toujours avec sa mère. Il lui portait ses commissions.»

Une fois son crime commis, le meurtrier présumé prend la fuite à pied. Il est 19 h. Il se dirige vers la route de Base, distante de 300 mètres. Il parsème son chemin de nombreuses traces ensanglantées, encore visibles hier matin. À l’arrêt de bus en face de l’école de culture générale, il est percuté par une grosse Mercedes. Sans doute violemment, car Naïm, employé au garage GF, se souvient d’un capot durement cabossé. Des jeunes, témoins de l’accident, ont rapporté que le fuyard s’était littéralement jeté devant la voiture.

Alors qu’un témoin décrit une femme, sans doute la conductrice, en pleurs et en état de choc à côté de l’automobile, qu’un hélico se pose à côté du tennis club et que le quartier tout entier est bouclé, le jeune homme poursuit sa route. Il se dirige de nouveau vers le lieu du crime, via la voie piétonne. Il sera arrêté peu après, aux abords de l’école primaire Champ-Joly. (Le Matin)

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