JUSTICE : il terrorisait sa femme et ses enfants avec un couteau

SAINT-PAUL. Plateau Caillou, le 22 mars dernier à 22 heures. Sur le parvis d’une case, les gendarmes découvrent un enfant de douze ans en pleurs. Dans le domicile, au premier étage, les militaires tombent sur une scène pour le moins hallucinante. Un homme de 46 ans est maintenu de force sur un matelas, par son fils de 16 ans et l’ex-conjointe du forcené contrainte à l’horizontalité. Un couteau gît au pied du lit.

L’aîné de la fratrie porte les traces de la lutte sur son torse, tandis que son père, alcoolisé, tient des propos passablement incohérents. Appelé à passer le reste de la nuit en cellule, l’homme est immédiatement placé en garde à vue. Et ce n’est que le lendemain que l’affaire s’éclaire au regard des auditions.

Trois mois avant l’agression, le père de famille est parti en cure pour se soigner de sa dépendance au goulot. Sorti à la mi-février, il est hébergé chez un ami et démarche son ancien employeur pour se mettre au vert en métropole. L’avant-veille de l’agression, ce Dionysien de naissance se rend au domicile conjugal pour échanger sur le sujet avec son ex-conjointe mère de ses deux enfants. « Histoire de mettre les choses au clair », indique le prévenu à la barre.

Bien au contraire, la discussion s’assombrit rapidement et le ton monte. Premier coup de fil aux gendarmes, et premier passage en cellule de dégrisement. Le lendemain, une règle est mise au point. La sobriété est de mise au sein de la maison ! Mais deux bouteilles de rhum en décident autrement. La bonne résolution à fait long feu !

Le jour d’après, le prévenu se rend de nouveau au domicile de la mère qui doit pourtant partir dîner. Celle-ci refuse de laisser les deux enfants seuls avec leur père. Instinct maternel oblige, elle sent que les choses peuvent déraper. Ce sera le cas. Après un échange d’insultes, le père s’en prend à son aîné, puis à son ex, avant de cibler à nouveau son fils. Couteau en main, le père contraint finalement le fils, paniqué, à se réfugier dans les toilettes.

« Il m’a provoqué et j’ai essayé de lui faire peur. À‡a a presque marché », explique sans sourciller le mis en cause. « Non, non, non ! À‡a a très bien marché au contraire. Et tout le monde a eu très peur », lui rétorque immédiatement la présidente du tribunal.

Si le déroulé des événements conserve sa part de mystère, le père se retrouvera finalement maîtrisé par sa propre famille dans la chambre. Témoin impuissant d’une scène cauchemardesque, le petit frère va prévenir les secours avant de les accueillir en pleurs à la porte !

« Je n’ai jamais voulu tuer personne. J’étais enragé par rapport à ce qu’il s’est passé, mais c’est un mal pour un bien », souligne en philosophe de comptoir, le père à la barre. Après trois semaines de détention provisoire, la cure forcée a fait son effet. « Mais je n’entends pourtant pas de remords ou de regrets pour ses enfants », s’étonne le ministère public. Condamné à 18 mois de prison dont 16 avec sursis, assorti d’une obligation de se soigner, l’homme s’est finalement répandu en regret en fin d’audience.

Fort d’une promesse d’embauche en métropole, et d’une garantie de pouvoir suivre sa cure là-bas, l’homme est parti purger immédiatement sa peine à Domenjod avant d’envisager sérieusement un nouveau départ.

D’apres clicanoo

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