Pakistan: décès de l’avocate Asma Jahangir, « icône des droits humains »

La militante pakistanaise Asma Jahangir, photo prise le 4 octobre 2014 lors d'une interview à l'AFP à Lahore

La célèbre avocate et militante pakistanaise Asma Jahangir est décédée, a annoncé dimanche sa famille, après une vie dédiée à la défense des droits humains et de la démocratie.

Celle qui fut aussi Rapporteur spécial des Nations unies pour le Conseil des droits de l’homme a succombé à un arrêt cardiaque à l’âge de 66 ans, a indiqué sa sœur Hina Jilani à l’AFP.

« Malheureusement, nous l’avons perdue », a déclaré Mme Jilani, elle-même militante pour les droits humains dans son pays.

Les partisans de Mme Jahangir lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux, faisant part de leur choc face à cette nouvelle inattendue.

« J’ai le cœur brisé que nous ayons perdu Asma Jahangir », a tweeté sa compatriote et prix Nobel de la paix Malala Yousafzai. « Le meilleur hommage à lui rendre est de poursuivre son combat pour les droits humains et la démocratie ».

Pour le père de Malala, Ziauddin Yousafzai, Mme Jahangir était une « icône des droits humains, une grande championne de la démocratie ».

« Je n’étais pas toujours d’accord avec elle et beaucoup d’autres gens non plus. Mais c’était une géante. Et l’une des (personnes) les plus brillantes et courageuses qu’ait jamais produit ce pays », a écrit de son côté le journaliste Wajahat Khan sur Twitter.

Mme Jahangir avait reçu en 2014 les insignes d’officier de la Légion d’Honneur, plus haute distinction française, pour « son courageux engagement pour la défense des droits humains, pour son appui continu en faveur de l’abolition de la peine de mort et pour sa contribution exceptionnelle au développement d’une culture universelle des droits de l’Homme ».

Fondatrice de la Commission pakistanaise des droits de l’homme, Mme Jehangir avait affronté menaces de mort, coups et passage en prison dans des affaires de défense des droits humains et avait tenu tête à des dictateurs.

Elle avait aussi remporté nombre de batailles au cours de sa carrière, obtenant la liberté pour des travailleurs forcés enchaînés par leur dette, et n’hésitait pas à critiquer ouvertement la puissante armée pakistanaise.

Elle avait été arrêtée en 2007 sous le régime du général Pervez Musharraf, et avait affirmé en 2012 que sa vie était menacée par les redoutés services secrets du pays, l’ISI.

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