CINEMA : La réadaptation de l’histoire PATRICK DILS à la Télévision.

France 2 réhabilite, dans un téléfilm inégal, le quadragénaire, qui a passé quinze ans en prison pour le meurtre de deux enfants, avant d’être innocenté par la justice en 2002.

La télévision française s’empare régulièrement de faits divers retentissants pour en faire, avec plus ou moins de tact, des téléfilms ou des séries. TF1 en fit même, pendant la décennie 2000, une marque de fabrique – les « fictions du réel » –, enchaînant les records d’audience avec L’Affaire DominiciDans la tête du tueur(sur Francis Heaulme) ou encore L’Affaire Christian Ranucci : le combat d’une mère. Depuis 2006, et la diffusion de la mémorable série de Raoul Peck, L’Affaire Villemin, le service public fait, lui aussi, des incursions ponctuelles sur ce terrain, miné par les risques de poursuites judiciaires.

« Il n’y a rien de plus fort que les histoires vraies », assure Yves Rénier, qui, après s’être inspiré des parcours de Véronique Vasseur, ancienne médecin chef à la prison de la santé, et de Martine Monteil, l’ex-patronne du 36 Quai des Orfèvres, adapte l’autobiographie de Patrick Dils. Convaincu dès 2005 que « cette incroyable erreur judiciaire ferait un bon film », le réalisateur a mis plus de dix ans à convaincre un diffuseur (France 2) et, surtout, obtenir l’assentiment du principal intéressé : « Longtemps, Patrick Dils souhaitait réserver son histoire au cinéma mais la télévision permet de toucher un public plus large, dont ceux, nombreux, qui le croient encore coupable. »

Si le scénariste Jean-Luc ­Estèbe a pris quelques libertés avec les faits et modifié les noms des policiers et des familles des victimes, le téléfilm est nourri de détails fournis par Dils : sa peur panique devant l’inspecteur dont il cherche des yeux l’assentiment pendant la reconstitution, les viols répétés en prison, le rôle de mentor joué par son codétenu, un braqueur qui l’a pris sous son aile. Sans oublier l’indéfectible soutien de sa famille pendant l’interminable bataille judiciaire.

Aux côtés du jeune Belge Thomas Mustin, remarquable dans la peau de Dils, Mathilde Seigner, habituée aux personnages « fortes têtes », est plutôt convaincante en mère courage. Hélas, certains rôles sont moins bien pourvus et la réalisation, abusant de la musique et des ralentis, n’échappe pas au pathos et aurait gagné à plus de sobriété.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire