Cécile Bourgeon et son comédie club ?

Cécile Bourgeon (ici en mai 2016) dit vouloir continuer de vivre sans oublier sa fille.PHOTOPQR/« LA MONTAGNE »/FRANCK BOILEAU

La mère de Fiona, jugée pour la disparition de la fillette en 2013, a montré ses émotions mardi.

Et soudain, elle pleura. Mardi, au deuxième jour de son procès en appel devant les assises de la Haute-Loire, où elle comparaît avec son ex-compagnon Berkane Makhlouf pour coups mortels aggravés sur sa fille Fiona, 5 ans, morte en mai 2013 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Cécile Bourgeon a semblé profondément touchée, fondant en larmes en évoquant sa fille. Elle qui avait paru si froide en première instance a livré, dès l’entame de ce nouveau procès, une forme de vérité. Désordonnée et indéchiffrable, certes. A son image.

« J’ai l’intime conviction que si elle n’avait pas rencontré Berkane Makhlouf, la petite Fiona serait encore en vie », témoigne alors à la barre l’ex-petite amie de ce dernier, le décrivant comme « pervers », « violent » et « manipulateur ». Dans son box, le corps recroquevillé de Cécile Bourgeon est parcouru d’un léger soubresaut. On devine des pleurs. Me Marie Grimaud, avocate en partie civile, saisit la balle au bond. « On vous sent réagir. Pourquoi ? », la guide-t-elle d’une voix douce. « Je me rends compte de choses… j’ai vécu un enfer durant ma grossesse, lâche la mère de Fiona. En fait, il m’a prise pour une conne, il disait qu’il m’aimait, mais il allait voir ailleurs. Elle, dit-elle en regardant le témoin, a le courage de ne plus avoir peur. » Ce troisième procès — un deuxième avait dû être interrompu en octobre dernier — elle le sait, elle qui, comme Makhlouf, encourt trente ans de prison, « c’est le dernier moment ».

Réelle prise de conscience ou larmes utilitaires, comme celles versées devant les caméras lorsqu’elle avait prétendu que Fiona avait disparu dans un parc de Clermont-Ferrand ? « Je veux tourner la page, ne pas oublier ma fille, mais je veux vivre, lâche, sanglotant, celle qui a déjà fait deux tentatives de suicide en prison. Si plus tard j’ai un appartement, je voudrais une chambre pour Fiona, parce que je l’attends. Mais la psychologue, elle m’a dit qu’elle ne reviendrait jamais », gémit l’accusée, le visage blême déformé par les pleurs. « J’ai besoin d’un lieu pour me recueillir », poursuit-elle, allusion à l’aspect qui, dans cette affaire, heurte le plus les consciences : qu’elle ne se souvienne plus, elle, la mère, où elle et Makhlouf ont enterré l’enfant. « Je voudrais essayer de me rappeler », jure-t-elle.

La mère se désolidarise de son ancien compagnon

Cet enfouissement du petit corps, dans la panique après une soirée de « défonce », puis la fausse disparition et la comédie devant les caméras, l’ex-petite amie en est persuadée : « C’est Berkane qui lui a fait faire ça ». Depuis l’interpellation du couple en septembre 2013, Cécile Bourgeon a pourtant maintes fois changé de version, impliquant Makhlouf avant de revenir sur ses dires. Lui-même a évoqué des violences de Cécile sur sa fille.

En première instance, les jurés avaient condamné le compagnon (vingt ans de prison) au profit de la mère, acquittée des faits les plus graves (cinq ans). Cécile Bourgeon semble pourtant, cette fois, prête à se désolidariser totalement de son ex-compagnon. « Il tape les enfants ? » demande Me Grimaud. « Il y a des moments où il ne se contrôle plus… » « Mais il tape les enfants ? » insiste l’avocate. Cécile Bourgeon hésite, et reste finalement au milieu du gué : « Il est violent. »

Source Le Parisien

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