Une famille avec 3 enfants bientôt à la rue

En France depuis plus de 4 ans, la famille Stoican-Leanca et ses trois enfants scolarisés au Tignet, sera sans domicile fixe à partir du 11 mai en dépit d’un cercle bienveillant de soutien

Le 11 mai prochain, la fratrie sera à la rue : Ionela, 5 ans, Rafaël, 3 ans et demi, et leur petite sœur, Maria, 2 ans. Cette dernière est la seule née en France (à Nice). Les deux aînés sont nés en Roumanie. Ils vivent depuis décembre 2016 dans une caravane au Tignet.

Mais le propriétaire a vendu le terrain. Les enfants et leurs deux jeunes parents, Lenuta Leanca, 20 ans, et Florin Stoican, 28 ans, doivent partir.

« Mes enfants ne doivent pas dormir dans la rue », dit celle qui chaque jour prend le bus pour aller faire la manche à La Bocca.

« Je rapporte entre 10 et 20 euros. J’achète à manger pour les enfants », dit la jeune Rom dans un français que quatre années passées en France ont grandement amélioré.

Pour le cercle de soutien bienveillant qui entoure les Stoican-Leanca, la situation n’est pas acceptable.

UN CDD DE 5 MOIS

Il y a d’abord le propriétaire de la caravane qui les héberge gracieusement depuis un an et demi.

Membre de deux associations, PRALES et Réseau sans frontière (qui s’occupent des Roms et des migrants), il les épaule dans les démarches administratives.

Dans la recherche d’un travail pour Florin aussi.

Une recherche qui porte ses fruits : ce lundi, le père de famille débute un CDD de 5 mois comme jardinier au sein de DEFIE, association grassoise de chantier d’insertion.

Il y a également la communauté scolaire : les deux aînés sont inscrits à la maternelle tignétane Campagno où les parents d’élèves se sentent très concernés et soutiennent beaucoup la famille. « A Noël, on a reçu des jouets, des chocolats, des vêtements », énumère Lenuta.

La directrice de l’établissement, quant à elle, précise qu’elle ne comprendrait pas que ces deux enfants qui montrent une envie d’apprendre autant que de s’intégrer, soient déscolarisés faute de logement.

LA SURDITÉ DE IONELA ET RAFAËL

« Cette petite fille montre de vraies qualités. elle est curieuse, vive, intelligente et s’adapte très bien en dépit de sa surdité. Nous avons organisé une prise en charge de son handicap avec la Maison du handicap. Elle bénéficie d’une Aide de vie scolaire (AVS) à l’école. »

Elle pourrait également intégrer une école spécialisée au Cannet à la rentrée prochaine.

Enfin, la fillette, qui s’exprime avec ses amies de l’école par gestes et codes, est en attente d’une intervention pour une pose d’implant à l’hôpital Lanval, à Nice où elle est suivie.

Rafaël, son cadet au sourire enjôleur dont la surdité est partielle, a besoin également d’être appareillé.

La famille a déjà failli être renvoyée en Roumanie. Ce qu’elle ne veut pas. À force de volonté, elle est à deux doigts de s’intégrer dans la société française. Ce qu’elle souhaite. Mais l’équilibre fragile qu’elle a construit avec toutes ces aides pourrait bien voler en éclats faute de toit.

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