Instant psycho : Quand l’enfant ou l’ado dit non et encore non… Comment le contourner

Il y a des âges où l’opposition au parent est normale et saine. Mais parfois le « non » perdure ou réapparaît à l’adolescence. Et là, c’est une autre paire de manches… 

Entre 18 mois et 3 ans, l’enfant s’oppose pour s’autonomiser, il se détache de ses parents pour explorer le monde. Il prend conscience qu’il est un individu à part entière avec une volonté, une pensée différente de celle de ses parents. Il teste et expérimente les limites.

Dire « non », s’opposer aux volontés de papa et maman, c’est exister. « Non » c’est affirmer une volonté, pas un caprice !

À cet âge, l’opposition est normale et saine. Elle marque une phase importante du développement du bébé dépendant de l’adulte vers l’enfant qui se différencie de ses parents. Cette phase du développement s’accompagne aussi de l’utilisation du «je » pour monter sa volonté.

Ne vous formalisez pas, cette période est temporaire, quelques semaines… Réagir de manière adéquate devrait vous laisser une grande période de calme avant l’adolescence et la seconde période d’opposition.

Comment faire ?

Évitez le rapport de force et le cercle vicieux de l’agressivité, l’enfant finira par faire ce que vous lui demandez.

Maîtrisez votre frustration et votre agressivité, recevez avec bienveillance celle de votre enfant, vous lui apprendrez à contrôler et gérer sa frustration et l’agressivité qui l’accompagne.

Aidez votre enfant à penser, réfléchir, décider, prévoir, anticiper, devenir responsable. Il est à un stade de son développement où il a besoin de mobiliser ses capacités de réflexion.

Posez-lui des questions, elles lui donnent la possibilité de réfléchir et d’anticiper « nous sortons, il pleut dehors, que dois-tu mettre ? »

Associez les choses à des situations : le pyjama à la nuit, les bottes en caoutchouc à la pluie, le manteau au départ…

Expliquez, sans argumentation à rallonge, ni de négociation sur le principal : vous ne cédez pas sur le brossage des dents, par contre vous offrez un espace de liberté dans le choix du dentifrice (maximum deux).

Installez les routines du soir et du matin, elles ont l’avantage d’offrir à l’enfant une structure temporelle rassurante et en plus elles permettent de s’autonomiser « moi tout seul » Félicitez-le ! Il construit sa confiance et son estime de soi.

Il ne vous écoute pas, donnez-lui une mission à sa portée. Valorisez et responsabilisez, son cerveau sera occupé et il ne s’opposera plus. Encouragez-le cela renforcera son envie de bien faire.

Il guette vos réactions, faites preuve de constance et de bienveillance par rapport aux règles et limites. Plus l’enfant gagne en confiance et moins il a besoin de s’opposer.

Proposez-lui des moments câlins pour se ressourcer en amour et en ocytocine.

Quand l’opposition perdure après 3 ans

Le comportement d’opposition peut s’installer et perdurer après l’âge de 3 ans, lorsque le parent refuse (inconsciemment le plus souvent) la différenciation. L’enfant tente par ses comportements d’opposition de protéger son identité naissante, de satisfaire des besoins qui ne sont pas pris en compte par le parent.

L’enfant ou l’adolescent désobéit aux demandes et consignes de manière systématique et instantanée de façon passive ou active. Un enfant met ces stratégies en œuvre lorsqu’il se sent menacé par un parent trop autoritaire, contrôlant. Lorsque le parent pervers narcissique ne lui permet pas de s’individualiser. Quand le parent trop fusionnel en oublie que son enfant a des besoins personnels différents des siens. L’enfant se sent oppressé par les demandes de l’adulte, son niveau de stress augmente, sa tolérance aux frustrations diminue et l’escalade s’enclenche.

Les parents rentrent dans un rapport de force « Je ne vais pas céder devant un gamin », l’enfant s’enferme dans ses comportements au risque que le parent ne finisse par devenir violent et prenne des sanctions disproportionnées et contre-productives.

Lorsque les limites sont fluctuantes et floues, l’enfant comprend rapidement ce qui provoque la colère de l’adulte et essaye d’en tirer profit. Si le parent cède en public ou de guerre lasse, l’enfant, l’adolescent en conclut que sa stratégie fonctionne.

Comment faire lorsque l’opposition persiste ?

© Pexels

Mettez en place des règles claires en rapport avec vos valeurs et des sanctions proportionnées, logiques, applicables, connues d’avance. Les règles évitent la justification et l’argumentation.

Surtout, ne vous justifiez pas, la justification indique à l’enfant, à l’adolescent, que vous n’êtes pas sûr de vous. Pas d’argumentation sans fin, l’argumentation amène la contre argumentation (les enfants HP sont les champions de ce genre de confrontation). Une explication et puis le rappel de la règle, point !

Pas de menace, pas de punition démesurée, mais l’application stricte et immédiate de la sanction prévue en cas de transgression.

Si l’opposition ébranle votre amour et votre affection pour lui, planifiez des moments de plaisir avec votre enfant dans des activités qu’il affectionne.

Faites-vous aider pour sortir de la culpabilité et de vos automatismes qui entretiennent l’opposition.

N’attendez pas d’être à bout !

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